‹ Le chevalier de Méré: rival de Voiture, ami de Pascal, précepteur de Mme. de Maintenon; étude biographique et littéraire, suivi d'un choix de Lettres et de Pensées du ChevalierChapitre 33 sur 57 · UN RENOUVEAU D' AMITIÉ · texte numérisé non relu

UN RENOUVEAU D' AMITIÉ

Grâce au temps et aussi à d'autres liaisons, l'amour ilu Chevalier pour Mnon dut se cicatriser pleinement, d'autant plus — sans doute — que V « ami n évincé pouvait compter à côté de lui maints confrères d'infortune.

Aombre d'années après, un heureux haaard mit en prés.ence, chez la duchesse de La Feuillade, et le Chevalier et Ninon {alors Mademoiselle de Lenclos) : celle-ci redevint la plus gracieuse du monde envers l'autre, se montra aussi « douce » qu'autrefois, remplie de « rares qualités » et de « merveilles » ; elle invita même Méré à lui rendre visite en son hôtel des Tournelles. Touché de ce renouveau d'amitié, le galant honnête homme exprima dans la lettre qui suit ses sentiments de tendre gratitude.

Je vous jure, Mademoiselle, que je n'ai s^nti de ma vie une joie plus pure que celle que j'eus dernièrement, quand je vous rencontrai chez Madame la duchesse de La Feuillade.

Ce fut une après-dînée, s'il vous souvient, que vous étiez toutes deux en particulier. Je n'avais nulle part à cotte visite ; et même, apparemment, vous eûtes quelque chagrin l'uno et l'autre d'être interrompues dans un entretien si agréable. Je ne laissai pourtant pas de vous savoir bon gré du plaisir que j 'eus à vous entendre et à vous regarder — et je croirais que ce serait une espèce d'ingratitude, ou du moins d'incivilité, de ne vous en pas témoigner mon ressentiment.

En effet, Mademoiselle^ à bien prendre la chose et

SO LE CHKVALIER DE MEUÉ

■sans trop subtiliser, ce n'est pas pwur vous seule que vous avez acquis tant de rares qualités et que vous êtes bien aise d'être si aimable : c'est aussi pour plaire aux plus honnêtes gens et les rendre heureux — de sorte que la bienséance et l'honnêteté le souffrent — si bien qu'ils vous en sont tous obligés, et j'ose vous assurer que personne du monde ne juge n.jieux que moi des merveilles qui sont en vous, et que si j'avais autant d'esprit à Les publier qu'à les connaître, je pourrais ajouter quelque chose à votre réputation si exquise et de si bonne odeur.

Parmi tant d'agréments dont je fus charmé le jour que je vous revis, je n'ai pas oublié qu'après une si longue absence vous me parûtes toute aussi douce que si je vous eusse toujours vue, et que vous me fîtes l'honneur de m© permettre d'aller chez vous — comme si je ne l'eusse pas discontinué.

Je vous en rends encore mille très-humbles grâces, Mademoiselle, et je vous conjure de vous en souvenir et de n'être pas fâchée que je sois si reconnaissant.

LETTRE A MADAME DE MESMES l'art d'être heureux

Mme de Mesmes (née « de la Bazinière «) était la femme du Président à mortier au Parlement de Paris, le richissime M. de Mesmes, frère aîné du comte d'Avaux : suivant le Chevalier, elle avait bien quelque aptitude aux agréments, mais elle paraissait indolent£, sinon même indifférente. Il tenta de secouer son apathie 'et de lui inspirer le plus d'idées possible.

C'est très probablement à Madame de Mesmcs que fut dédié son « Discours de l'Esprit ».

Vous me faites l'honneur de m'écrire, Madame, que je mets tout indifféremment sur le ton de la plaisanterie, ou du moins que je ne parle jamais d'un air bien sérieux^ et que je m en devrais corriger. .Mais vous allez voir qu'encore que j'aime assez à me divertir, je ne laisse pourtant pas de savoir tenir ma jsrravité comme un ambassadeur d'Espagne, quand je. me rencontre avec une personne aussi sérieuse que vous l'êtes présentement.

Je veux bien traiter avec vous de la manière que vcus me l'ordonnez et ne vous plus entretenir dans mes lettres que des choses qui vous peuvent rendre la vie agréable.

Je vous dirai donc, sans badiner ni sans rire, que pour être heureux il faut avoir l'esprit toujours sain et le coeur souvent malade : c'est là une espèce de mystère que vous allez entendre en peu de mots.

Et pour comprendre par l'esprit, il est impossible de passer la vie agréablement à moins qu'on ne connaisse tout ce qui la fait trouver douce et commode. 11 faut juger sainement du bien et du mal, se désabuser des fausses préventions, s'éclaircir le sens, s'épurer l'intelligence, et surtout ne se laisser rien persuader qui ne soit vrai ou du moins vraisemblable. Car une erreur visible et grossière n'est jamais seule : elle en attire incessamment quantité d'autres.

C'est un grand point pour se plaire à la vie, que de bien connaître ce qui la rend aimable à notre endroit. Eh ! combien voît-on de gens que la fortune favorise, que le monde croit heureux, et qui néanmoins — à les considérer de près — sont à faire pîlié, parce que ce sont comme autant de fous qui ne

cherchent que la fausse gloire et les faux plaisirs ! Ils ne savent ce qu'ils veulent ni ce qui leur est bon, et n'estiment que les choses qu'ils n'ont point. Ils sont toujours injustes, toujours ingrats et légers ; ce qui les charme le soir, les choque au matin. Aussi les voit-on quelquefois au désespoir d'avoir obtenu ce qu'ils souhaitaient le plus vivement, et d'ordinaire ils se repentent peu de temps après de s'être repenti->. En vérité, Madame, quand on a de bons yeux, on remarque assez de ces sortes de gens qui méritent bien leur misère. Le mal est que les personnes de bon sens, qui dépendent de ces fous, souffrent de leurs folies.

Et pour ce qui regarde le cœur, je suis d'avis que de temps en temps il soit malade — à condition que son mal n'ait rien qui ne plaise et qu'on ne se puisse défendre de le plaindre et de compatir à sa douleur.

Les affections du cœur s'appellent ses maladies : de sorte qu'il est malade lorsqu'une passion l'agite, et qu'il l'est plus ou moins selon que cette passion est violente ou modérée. J'avoue que, s'il est tranquille et que rien ne le remue que son mouvement naturel, on ne sent pas de vives douleurs ; mais, en cet état si calme, rien ne touche, et je sais par expérience que les sens se trouvent alors si dégoûtés de tout que l'on n'est guère plus animé que si l'on était mort. Ce profond repos me paraît bien triste : plutôt que d'y demeurer, ne vaut-il pas mieux vivre en toutes les passions que peut avoir une âme sensible et raisonnable ? Je vois même qu'on ne saurait atteindre aux plus hautes félicités que le cœur ne soit blessé mortellement. Et comme quoi se pourrait-on croire parfaitement heureux de posséder ce qu'on aime, à moins que de l'avoir bien ardemment désiré et de s'y plaire sans réserve ?

II me semble, Madame^ qu'en voilà beaucoup pour un commencement d'instruction, et je n'ai plus rien h vous dire bien sérieusement — si ce n'est qu'il ne tiendra pas à moi que vous ne soyez heureuse et que, si vous êtes tant soit peu civile et reconnaissante, vous m'en écrirez autant.

LETTIU-: A MADAME DE ***

LES ANOMALIES DE l' AMOUR

Malgré quelques traits scabreux, grossiers même, cette lettre nous semble devoir être reproduite parce qu'elle dévoile un côté peu moral de la « belle » Société du XVII® siècle — ce qui a certain intérêt au point de vue historique — et aussi parce que les choses y sont fort bien observées et décrites.

Ce a joli » sujet est à rapprocher du trait de mce^urs cité p. 179.

Une question : — A quelle Dame le Chevalier a-t-il pu écrire cela ?

Tout ce que vous m'avez écrit me semble d'une grande étendue et d'un esprit bien juste, et je suis absolument de votre avis, Madame, que de tous les événements extraordinaires qu'on admire dans le monde, il n'y en a point de si bizarres que ceux qu'on peut remarquer dans l'amour.

Ainsi, vous dites très bien que pour connaître ce qui se passe en cette passion, il se faut arrêter à ce qu'on voit et qu'on découvre en effet, et fort rarement à ce qpii devrait être — car, même dans, les âmes

les plus raisonnables, l'amour et la raison ne s'accordent pas volontiers. Et pour l'ordinaire il arrive quje de cela seulement qu'une chose devrait être, elle ne 66 fait pas, mais qu'on l'obtiendrait aisément si elle était injuste (i). On ne peut rien s'imaginer d'extravagant ni contre l'apparence, qui ne se trouve quelquefois en ces sortes d'affections. La beauté, l'agrément, l'honnêteté, la bonne mine, les grâces /du corps et de l'esprit, oe sont de grands attraits pour se faire aimer ; et nous voyons néanmoins, que ces belles qualités produisent bien souvent un effet contraire, tant à l'égard des hommes que des femmes.

Un grand seigneur fort-bien fait, très galant, le plus honnête homme — à ce qu'on dit — de toutes nos vieilles Cours, avait longtemps aimé les femmes qui tâchaient aussi de lui plaire. Il avait été dans une extrême faveur auprès de deux ou trois de nos Rois ; £'t ce qui me paraît de plus admirable, ils ne laissèrent pas de l'aimer toujours, quoiqu'ils vissent devant leurs yeux que leurs maîtresses les quittaient pour lui. Cet homme, qui s'était tant plû parmi les Dames, les prit enfin dans une si forte aversion qu'il no cherchait plus que des hommes — non pas de jeunes gens bien faits, mais de ces hommes, de la plus étrange figure, et tels que Mons-ieur *** — de sorte qu'il pratiquait, dans ces dernières amours, ce qu'on rapporte de l'empeneur Galba !

Ne sait-on pas aussi qu'une Impératrice romaine, la plus belle femme de son temps, n'aimait que des esclaves déchirés de coups de fouet et des gladiateurs défigurés de blessures ?

Henri II était fort-bien fait et des plus élégants : il ne se plaisait qu'à l'amour, et sa Cour brillait des

(l) Le fruit défendn est toujours le meilleur — d'après le dicton populaire.

LEITRES

plus belles femmes qu'on pût souhaiter. Cependant, il ne s'attacha qu'à la duchesse de Valentinois, ancienne maîtresse de son père ; et quoique ce ne fut rien moins qu'une fidèle tourterelle, on sait que jusqu'à la mort de ce Prince elle conserva la première place dans son cœur.

Dénié trius, roi de Macédoine et très honnête homme, eut aussi sa duchesse de Valentinois qu'on appelait I>amia, comme qui dirait la « vieille fée » ou la « vieille enchanteresse ».

L. C. *** fort brave et fort habile homme, avait une maîtresse qui — dans le vrai — n'était qu'une coureuse : il ne l'en aimait que plus ardemment, si bien qu'il ne put s'empêcher de l'épouser. Elle n'était pas moins à ses domestiques qu'à lui-même et, bien loin de s'en fâcher, il se plaisait à les entretenir de leur bonne fortune.

Afais encore, comment se peut-il que l'amour et la haine se trouvent quelquefois à un si haut p>oint dans un même cœur et qu'on puisse traiter si cruellement des personnes qu'on aime d'un amour excessif ! Vous savez l'horrible action du Prince qui, s 'étant défait de son fils sur un soupçon bien léjrer, fit mourir presque en même temps la plus aimable Princesse de son siècle ; et peut-être que, s'il eût eu moins d'amour {xiur elle, il ne lui en eût pas coûté la vie... Mais voici quelque chose de bien différent. Le roi Séleucus se remaria par amour avec la belle Stratonice, pleine d'attraits et de charmes. Il avait un fils encore très jeune et qui néanmoins, voyant les caresses qu'ils se faisaient, commençait à sentir ce que c'est que l'amour : de sorte qu'en peu de jours il fut si touché de sa belle-mère- qu'il était près d'en mourir. Séleucus s'étant informé d'où venait cette maladie, se démaria d'avec la charmante Stratonice pour

la faire épouser à ce jeune Prince. Je ne crois pas qu'on puisse donner une plus haute preuve d'un bon naturel.

Il me semble aussi qu'un sujet bien faible en apparence fait souvent naître l'amour, comme peu de chose l'éteint. — Une fille d'Alexandrie s'alla baigner dans le Nil et, sitôt qu'elle s© fut déshabillée, un aigle qui rôdait sur ce fleuve prit un de ses souliers (à cause ^ peut-être, de quelque ruban d'une couleur éclatante) et le laissa tomber à la vue du Roi qui se promenait dans ses jardins. Ce Prince, admirant cette aventure, courut à o© soulier ; et le tenant en ses mains, et le considérant avec autant d'attention que s'il eût regardé les plus beaux pieds du monde, il devint si passionné de cette maîtresse inconnue qu'encore qu'elle fût d'une naissance obscure il ne laissa pas de l'épouser.

Si les personnes qu© l'amour engage disaient naïvement tout ce qui se passe dans leur cœur et dans leur esprit, on verrait des choses bien surprenantes.

Voulez-vous, sur cela^ qu© je vous apprenne une aventure assez rare et dont je vous puis assurer comme si je l'avais eue (i).** Un homme, que j'ai fort connu, avait une très belle femme, et je ne me souviens point d'en avoir vu de ma vie une plus aimable — tant pour les agréments de sa personne que pour ceux de son esprit. Elle était plus >sévère et pilus [retenue qu'une honnête femme ne le doit être pour vivre heureuse et pour rendre heureux ceux qui l'approchent ; il est vrai qu'elle tempérait sa vertu par une f^Tçon de procéder fort douce et fort galante, et même

(l) Ici commence une nri^nture d'amour des plus «i pimentées » elle a pour but, parait-il bien, de célébrer — au profit du Chevalier lui même — les avantaj^es du mariage à trois. Voy. à ce sujet, les lettres XXX et CCII du Recueil de Méré. dont la destinataire doit être la même que celle de la présente.

fort enjouée. Sa beauté, quoique admirable, semblait pourtant le devoir céder à celle de son mari : jamais Apelle ni Mignard n'ont rien fait de plus achevé ni de plus agréable ; du reste, il était d'un esprit fin, et je remarquais qu'il se prenait de bon air à tout ce qu'il entreprenait. S'il y avait quelque chose qu'on pût trouver à redire en sa personne, c'est qu'il paraissait d'une constitution trop délicate et qu'il plaisait plus à de certains hommes qu'un homme ne le doit souhaiter. On les avait mariés si jeunes qu'ils s'étaient accoutumés à ne se faire que des caresses d'enfants, et cette femme si piquante et d'une santé si parfaite était à peu près comme si elle n'eut pas été mariée. Il en était pourtant si jaloux qu'il ne pouvait souffrir auprès d'elle qu'un ami, pour qui rien ne lui était cher : cet ami était fort honnête homme, et leur amitié était si sincère et si accomplie qu'ils n'avaient point de secret l'un pour l'autre et qu'ils ne se quittaient que bien rarement. Cette femme avait une si tendre inclination pour cet homme qu'encore qu'elle employât toute sa vertu pour y résister et toute son adresse pour la cacher, elle ne put jamais l'éteindre ni faire en sorte que son mari ne s'en aperçût ; mais lui, bien loin d'en être triste et d'en montrer le moindre chagrin, il fait paraître la joie sur son xnsage, et tirant en particulier son ami :

— « Je t'apprends, lui dit-il, si tu ne l'as connu plus tôt que moi, que tu n'es pas mal avec ma femme. Et si tu me demandes par où je m'en suis aperçu, c'est que depuis quelque temps il se passe peu de nuits qu'elle ne te mêle dans ses songes : quelquefois, en rêvant, elle s'imagine qu'elle te parle, et cette imagination l'engage à me caresser plus tendrement qu'elle n'avait accoutumé. Je t'en avertis pour verser ma joie dans ton sein et prendre part à la tienne, car

bien que je ne sache que trop que tu ne l'as jamais regardée que comme la femme de ton ami, je ne saurais pourtant croire qu'une si belle femme te puisse être indifférente. »

Son ami fort surpris baisse les yeux et, pâlissant de tristesse et jetant de profonds soupirs, ré;poiid néanmoins avec une franchise égale à celle de son ami : qu'il est vrai qu'il en serait amoureux, s'il avait oublié qu'elle fût sa femme ; mais qu'il fallait avoir recours à l'absence, et que ce remède (quoique bien triste) ne leur manquerait pas.

— « Ah^ cruel ! répartit ce parfait ami, pourraistu vivre sans moi ? Je te jure par notre amitié que j'abandonnerais Hélène et Cléopâtre pour te suivre au bout du monde. Laissons aux amitiés ordinaires ces faux devoirs de coutume qui ne font qu'embarrasser la vie. Sache que tout ce qu'il y a de plus honnête et de plus raisonnable dans la nature est ce qui contribue le plus à notre bonheur, et souffre que je dispose à mon gré de tout ce qui m'appartient. Ce qui paraît de ma femme ne fait pas tout son mérite ; et si tu savais comme on la trouve et ce qu'on devient auprès d'elle, tu mourrais plutôt que de la quitter. Je t'assure aussi que je n'ai de plaisir avec elle qu'en m 'imaginant que tu la tiens entre tes bras, et sans cette émulation douce et piquante, je n'en serais non plus ému que d'une belle statue. Je veux et te conjure d'y consentir : que tout soit commun entre nous trois, et que la félicité des uns dépende de celle des autres ! »

Son ami se laissa vaincre, et parlant à son tour, ils entrèrent dans la chambre de cette femme, ofjt — la trouvant — ils employèrent bien de l'adresse et et de l'esprit, sans la pouvoir persuader. Mais dans un commerce si familier pouvait-elle toujours résis-

ter aux caresses d'un homme qu'elle aimait, et tout ensemble aux larmes de son mari qui la suppliait instamment de ne leur pas refuser cette grâce ?

Ce parti fut donc pris peu de jours après, quoiqu'elle fit toutes les façons qu'on se peut figurer peur s'en défendre ; et cet air de modestie et de pudeur la rendait encore plus aimable. Il serait difficile de fie représenter à quel point de bonheur ils étaient parvenus et comme ils passaient les jours dans un lieu solitaire environné de petits bocages sombres et sur un canal qui coule par une longue prairie — tout cela bordé par des coteaux assez élevés, qui regardent sur une forêt de grande étendue — enfin dans l'endroit le plus agréable qu'ils eussent pu désirer. Je remarque aussi, pour comble de leur félicité, que jamais trois j>ersonnes n'ont été d'un entretien pluç. agréable et qu'il y avait de l'esprit en tous leurs plaisirs.

Car il est vrai que si la personne qu'on aime n'est qu'une idole bien formée, le plus sensible bonheur de l'amour commence plus agréablement qu'il ne finit ; et comme il est plein de transports et de violence, il ne saurait être d'une longue durée. Mais lorsque les grâces de l'esprit et du bon air accompagnent la beauté du corps, l'amour n'a rien qui dégoûte : un plaisir qui passe est suivi d'un autre plaisir, et plus on se communique aux personnes qui plaisent de la sorte, plus on les aime.

Faites là-dessus quelque réflexion. Madame...

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