AMITIÉ
J'aime toujours mieux mes amis que leur amitié... L'affection que la franchise fait naître parmi les honnêtes gens est plus ferme et plus, solide que celle qui vient d'une complaisance affectée.
Il faut avoir pour ses amis l'humeur douce et complaisante ; beaucoup cTe personnes qui n'y prennent pas garde s'imaginent que la moindre recherche va tout raccommoder — mais l'amitié qui ne se plaît à rien moins qu'aux revers ne revient pas si vite.
Une moquerie douce et piquante est un bon moyen pour corriger un ami qui s'abuse.
Un honnête homme ne hait rien tant que d'être à charge à qui que ce soit, et même à ses meilleurs ^mis.
Je désapprouve beaucoup d'abuser de la bonté d'un ami^ qui fait tout ce qu'on lui demande, et du meilleur cœur du monde. On le doit ménager comme un
fonds de réserve qu'on trouve Toujours à point nommé.
Celui qui veut obliger ses amîs, en s'employant pour eux, n'y doit pas songer — s'il ne le sait faire
de bonne grâce.
Dès que nous apprenons qu'un de nos amis a besoin de nous, il ne faut pas attendre qu'il nous en parle : le soin que nous lui sauvons' de nous, en avertir, est bien souvent le plus agréable service que nous lui puissions rendre.
Je serais d'avis de ne jouer jamais que par divertissement contre les personnes que nous aimons et dont nous voulons conserver l'amitié.
Il faut user du jeu comme d'un amusement avec ses vrais amis — car si le ^rand jeu ne détruit l'amitié, du moins elle en pourrait être altérée.
D'ordinaire^ on élève ou on abaisse le mérite, selonqu'on aime ou qu'on hait les gens.