‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 112 sur 185 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

— Ne t'ai-je pas dit (jirellc est italienne ?

— Je l'avais oublié ; alors, c'est une Médicis!

— C'est une Vénitienne, tu le sais bien.

— Je ne savais pas que les républiques eussent des reines. Finalement, avez-vous osé déclarer votre amour?

— Je l'ai osé.

— A la bonne licure!... Et on vous a répondu ?

— A ma déclaration, pas un mot.

— Vous voilà bien avancé. J'imagine que vous avez insisté?

— Je n'en ai pas eu le courage ; j'étais ébloui, dominé... Cette femme a fait de moi ce quelle a voulu ; j'étais à ses pieds comme aux pieds d'un trône ; du rôle d'amoureux, j'ai passé à celui d'humble sujet, et tonte ma passion s'est transformée, sous ce regard royal, en une respectueuse obéissance.

— Dites donc tout uniment que cette sirène vous a ensorcelé. Ah ! le triste rôle que vous avez pris là, mon cher !

— Ensorcelé, soit! Il n'en est pas moins vrai qu'à ma fougue amoureuse elle a opposé un calme triomphant, et qu'elle a fait de moi tout ce qu'elle a voulu. D'abord, elle m'a demandé et a exigé de moi, sur parole, la liberté de... son père.

— Et OÙ est monsieur son père ?

— En prison, où l'a fait mettre le Grec Ancyre.

— En prison, une tête couronnée! A Vincennes, sans doute?

— Ici même. J'ai promis... Le difficile est de savoir où est cette prison ; mais je compte sur toi.

— Sur moi ! Est-ce que je connais les cachots de M. de Cossé, par hasard ?

— Tu m'as dit savoir l'assiette du château sur le bout du doigt.

— Ma foi ! mon savoir ne va pas si loin. Madame du Fresne m'a bien enseigné, par-ci, parlà, quelques coins qu'elle avait visités ; mais enfin nous chercherons... Après ?

— Le père mis en liberté, j'ai juré que je ferais évader toute la famille.

— Je comprends... Vous allez servir de guide et d'escorte à cette archiduchesse, et nous laisser arquebuser par les catholiques... Si c'est galant, ce n'est pas amical.

— Je resterai avec vous pour me faire tuer

— Bon! autre projet... Mon cher vicomte vous avez le diable au corps... Croyez-moi, plan tez là votre héroïne, et vivez tant que vous pour rez pour assommer la clique des Guise... Sur ce comme vous êtes un camarade fort insupportable

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