‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 113 sur 185 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

et qu'il n'y a pas moyen de dormir à vos côtés, levons-nous et lâchons de dénicher votre futur beau-père... A propos, quel est le nom de ce brave homme, s'il vous plaît?

— Je l'ignore.

— Hein ?

— Je l'ignore.

— Quoi ! vous n'avez même pas appris le nom de cette femme adorée?

— Je l'ai demandé, mais des raisons d'État, apparemment, commandent une absolue discrétion.

— Ah ! que vous m'affligez. Corbeuf ! vicomte, mon pauvre ami, j'aimerais mieux vous savoir la jaunisse que cette piteuse aventure.

Pampelonne achevait à peine ces mots, que le baron de Kochemorte entra dans la chambre. II était précédé du petit page portant un énorme paquet.

— Chevalier, s'écria Rochemorte , habillezvous lestement, et venez voir l'un de vos cauchemars.

— Lequel?

— Le jacobin.

— Bah! l'auriez-vous fait pendre, par hasard?

— Venez.

Le Gascon sauta à bas du lit, et tout en expédiant sa toilette ;

— Que portes-tu là ? demanda-t-il au page.

— C'est la suivante de la signora qui m'a remis ce paquet pour M. le vicomte de Gourdon.

Gourdon ouvrit le paquet et y trouva un costume complet choisi parmi les habits de luxe du comte de Brissac. Il remarqua que le manteau était de velours vert, que les rubans étaient verts, et il trouva caché dans un nœud d'épée, très-coquettement arrêté, un petit billet qui contenait ce seul mot :

Speranza.

Il s'habilla, l'âme en fête, et au lieu d'attacher le nœud à son épée, il ouvrit son pourpoint et le mit sur son cœur.

Les trois gentilshommes sortirent du pavillon pour se rendre sur les remparts où les attendait un spectacle hideux.

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