‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 114 sur 185 · LE MOINE · texte numérisé non relu

LE MOINE

Nous ferons faire ici quelques pas en arrière à nos lecteurs pour l'intelligence du récit.

Lorsque la populace d'Angers eut conduit du Halot, son prisonnier, au gouverneur de la ville, le gouverneur , intimidé par les cris furieux que poussaient les ligueurs , se vit forcé de présider un conseil de justice , qui condamna le malheureux du Halot à être roué vif.

Nous savons cela.

Or, comme on menait le condamné en prison e t qu'on l'accablait , chemin faisant, d'injures et

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de coups , un jeune moine vint à passer et demanda ce qu'avait fait cet homme.

— Vous n'êtes donc pas du pays ? lui dit un voisin.

— Je sors du cloître des Dominicains de la ville de Sens, et ne suis à Angers que depuis un moment.

— Oh 1 oh ! si vous venez des Dominicains , vous devez vous réjouir avec nous, car cet homme qu'on va supplicier est un grand scélérat, ennemi de la Ligue et vendu aux hérétiques.

— Bonne prise!... Et vous l'appelez?

— Michel Bourrouge du Halot , l'ancien gouverneur de la citadelle.

Le moine se mêla au peuple, aborda le condamné et lui glissa ces mots :

— J'arrive un peu tard pour vous demander à souper , mon pauvre oncle !

Du Halot leva la tête , tressaillit à la vue de cette robe noire qui lui rappelait Pampelonne, et dit :

— Qui êtes-vous?

— Eh quoi ! avez-vous la mémoire si courte que vous ne reconnaissiez pas votre petit Jacques?

— Le fils de ma sœur !

— A qui vous donniez de si bons soufflets... Mon Dieu ! oui ; il paraît que Dieu vous les rend

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