CHAPITRE TII
tous aujourd'hui, mon digne oncle... Mais il ne s'agit pas de cela : avcz-vous fait choix d'un confesseur?
— Non.
— Voulez-vous de mon humhle ministère?
— Oui , dit du Halot après une courte réflexion, oui.
— Très bien. Alors, faites-moi demander. Je loge à la Mule hûlèe, dans le faubourg.
— Sous quel nom ?
— Mathieu le Dominicain. N'oubliez pas ce titre , il est en grande faveur dans ce temps de sainte ligue.
Disant cela, le jeune moine s'éloigna.
Lorsque le geôlier eut poussé les verrous du cachot de son nouveau prisonnier, il lui cria à travers la porte :
— Vous faut-il quelque chose, mon maître?
— Donnez-moi de quoi écrire, et prenez cette pistole que je glisse sous la porte.
— A l'instant. . . à l'instant, mon gentilhomme, vous allez être obéi.
Du Halot écrivit deux lettres : l'une à Pampelonne , nous l'avons lue ; l'autre à son neveu :
• « Mon cher Jacques, disait celle-ci, rends-moi l'important service de porter le billet que je renferme sous ce pli à son adresse. Si le chevalier
de Pampelonne se présente lorsque tu le feras demander à la barrière du château , tu l'examineras avec soin , de manière à pouvoir le reconnaître plus tard en toute occasion.
« Aussitôt ma commission faite, viens me trouver ; viens m'apporter les secours de la religion. Tu seras magnifiquement récompensé!
»t Ton malheureux oncle ,
« Du Halot. »
Au moment où la nuit chassait les dernières lueurs du crépuscule , le geôlier ouvrit le cachot de son prisonnier , introduisit le confesseur que du Halot avait demandé , et referma la porte à double tour.
Du Halot, attaché par un carcan à un poteau, était étendu sur un lit de paille. Sa prison était étroite, humide, lugubre et noire.
— Tu as bien tardé ! cria du Halot au jeune moine, avant que la porte ne fût refermée.
— J'ai porté votre lettre au château. On m'a fait beaucoup attendre , et encore en pure perte de temps.
— Tu n'as pas vu le chevalier ?
— Non... il ne s'est pas présenté. On l'a vainement cherché dans tous les coins de la citadelle.