‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 118 sur 185 · CHAPITRE III. .jil · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. .jil

tenait, lorsque vous vous en êtes empare, des poignées de pierreries...

— Ah! ail! il paraît que si tu n'aimes pas à parler du diable, tu ne te défends pas de l'écouter.

— C'est tout différent, vous l'avouerez.

— J'avouerai tout ce que tu voudras , pourvu que tu te montres docile à mes désirs , à mes dernières volontés peut-être.

— Je vous obéirai servilement,

— Bien ! commençons donc par le plus important... fais-moi sortir de ce bouche.

— Il n'y faut pas penser, vous êtes gardé par un geôlier qui se ferait hacher pour la Ligue , et que nul trésor ne pourrait séduire. D'ailleurs on a mis les scellés sur tous vos biens , et vous êtes maintenant aussi pauvre que moi.

— Ainsi, je vais être assassiné ?

— A moins d'un miracle, vous serez roué demain matin; prenez votre parti.

— Je le prends, murmura le prisonnier d'une voix sombre ; mais il me faut un vengeur, et à ce vengeur, je ferai les largesses d'un roi.

— Hum ! Auriez- vous en réserve, par hasard, le petit coffre dont vous m'avez parlé?

— As-tu gardé sous ta soutane ce cœur intrépide que tu avais, tout enfant?

— Je l'ai.

— Es-tu encore capable de poursuivre une pensée avec cet infatigable acharnement que je t'ai connu ?

— Je peux ce que je veux.

— Autrefois, ton caractère sombre, tes haines sourdes et violentes, ta précocité vicieuse, ont fait mourir ton père de chagrin. A son lit de mort que tu avais déserté pour courir les grands chemins, son seul chagrin était de t'avoir mis au monde, pensant que tu finirais par la potence ; et j'étais de son avis...

— Voyez ce que Dieu fait de ses créatures, interrompit Clément avec humilité. C'est moi qui recevrai, demain, votre dernier soupir... La roue vaut bien le gibet.

— Dans ce temps-là, reprit du Halot, tu aurais, pour dix pistoles , assassiné ton meilleur ami...

— Quant à cela, j'ai totalement changé. J'aurais tué un ami pour dix pistoles, aujourd'hui je tuerais un ennemi pour rien.

— Tu n'as donc plus un seul ami sur la terre? : — J'en ai en France, dans ce moment, cent

mille environ pour lesquels je me ferais écharper.

— Alors, tu comptes tes ennemis par millions ?

— Oui, les royalistes et les hérétiques. Tout ce qui n'est pas aux Guise et à la Ligue m'est ennemi mortel.

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