‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 120 sur 185 · CHAPITRE III. 4o · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 4o

— A merveille, continua du Halot, ouvre bien roreillc; je commence :

ic Tu sais par ma confession que le piralc qui avait capturé, il y a dix ans, le vaisseau espagnol charge des débris des tribus gitanos, fut attaque le même jour par une galère de Venise sur laquelle j'avais pris parti , étant alors à la solde du Doge. Tu sais encore qu'en entrant dans la cabine du chef des corsaires, j'y trouvai un jeune enfant, une petite fille pleurant sur le corps inanimé d'une belle jeune femme baignée dans une mare de sang. Tu sais que dans cette même cabine , guidé par les indications de la petite gitane , je trouvai un coffre en bois dacajou et à coins d'or, et que, forçant la serrure , j'y vis des diamants, des émeraudes , des lingots, tout un trésor de sultan. Ébloui, mais rapide dans ma résolution, je demandai au jeune enfant s'il savait ce que contenait celte boîte. La gitana me répondit que non. Dès ce moment, je la pris sous ma protection.

u Notre galère entra dans le port de Venise, et comme j'avais hâte de revenir en France pour jouir de mes richesses , je conduisis la petite gitana chez une noble patricienne qui, par sa piété et sa générosité , était la providence des pauvres. Sur sa prière , je la lui abandonnai , et me faufilant à la suite des courtisans du jeune

roi de Pologne qui fuyait son royaume pour succéder à son frère sur le trône des Valois , je me vis bientôt hors des recherches et des soupçons qu'auraient pu faire naître les demi-révélations de la gitana, à propos de ce fameux coffret qu'elle n'avait plus revu depuis la mort de sa mère.

« Tu as bien retenu cette partie de ma confession, n'est-ce pas?

— Je n'en ai pas perdu une syllabe.

— Voilà ce qu'il importe le plus de savoir.

— J'écoute... Faut-il écrire?

— Pas encore.

— Déployant un faste princier, et ambitieux par caractère, je me glissai dans les bonnes grâces de M. le duc d'Alençon , frère du roi , et devins son favori , si bien qu'il me fit obtenir le commandement de la citadelle d'Angers , en me promettant le prochain gouvernement de la province.

« Installé dans le château , je me mis à la recherche d'un souterrain , d'une cachette pour mon trésor, car j'avais , pour ainsi dire, peur de mon ombre et me méfiais de tous ceux qui m'approchaient. D'ailleurs , j'avais pour lieutenant un Albanais nommé Ancyre, celui-là même qui a été tué dans l'échauffourée de ce matin , et cet Albanais, brave partisan, mais avide, inquiet, rusé, vrai furet, me causait de mortelles inquié-

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