‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 121 sur 185 · CHAPITRE III iV · texte numérisé non relu

CHAPITRE III iV

tudcs. Je le voyais sans cesse dans mes rêves , puisant à i)lcines mains dans mon coffre, et me j)oignanlant pour me voler à son aise.

«f J'avais sondé tous les recoins connus du château sans trouver, nulle part, la place qu'il me fallait. Je n'osais pas appeler des ouvriers à mon aide, car c'eût été rechercher les soupçons. En un mot, j'étais plus malheureux que le plus pauvre de mes soldats, ce qui est une preuve que leshiens mal acquis ne nous font pas grand profit. Un jour, comme je lisais un manuscrit à demi rongé par les vers et perdu dans la vieille bihliothèque de mes prédécesseurs, je ne fus pas peu surpris d'y voir qu'en 1280, il y a, par consé- ([ueut, près de trois siècles, un baron d'Angers avait fait pratiquer dans l'épaisseur des murs de son château, une galerie aboutissant, par un escalier souterrain, h un caveau où il avait fait enfermer des prisonniers de guerre de grande importance. Je parcourus, ou plutôt je dévorai les })ages de ce manuscrit rédigé par le chapelain de ce baron d'Angers, et j'eus peine à contenir ma joie, en lisant , un peu plus loin , la description complète du souterrain et des secrets qui en défendaient Tenlrée.

— Faut-il écrire? demanda encore Jacques Clément, dont les mains frissonnaient d'impatience.

46 LE CHEVAIIER DE PAMPELONIVE.

— Pas encore. La nuit venue, je m'armai d'un falot... Oui , écris , dit le prisonnier en s'interrompant... Qui sait le temps que nous laissera le bourreau pour nous entendre et nous comprendre ?

— Je suis prêt, fit le moine en trempant sa plume dans l'encrier.

— Ah! pendard! s'écria du Halot, que tu tiens bien sous le froc toutes les promesses de ton enfance ! Jure-moi encore que dans les débauches où tu vas te vautrer avec mon or et mes diamants, tu n'oublieras pas ma vengeance.

— Je le jure.

— Sur quoi?

— Sur la Sainte Ligue.

— Et tu emploieras à cette vengeance jusqu'à ta dernière obole s'il le faut?

— Je le jure sur la tctc des Lorrains et sur mon salut.

— C'est bien. Écris donc...

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