‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 123 sur 185 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

vris avec la même clef. Seulement , au lieu de chasser la troisième tringle à partir d'en liant, je déplaçai la quatrième à compter d'en bas. Note cela avec soin.

— La quatrième à compter d'en bas, répéta Jacques Clément en soulignant ces derniers mots.

— Je descendis un escalier d'environ deux cents marches et remarquai qu'une embrasure fermée par un énorme contrevent en fer et donnant sur les fossés était pratiquée à hauteur de la cent vingtième marche, ainsi que me l'avait annoncé le grimoire. Au bas de l'escalier je trouvai un grand caveau , et au fond de ce caveau une porte basse faisant face à Tcscalier. Je pressai de bas en haut un ressort masqué par une plaque de plomb, à trois pouces d'une fausse serrure, et je me trouvai dans une salle ronde dallée en marbre. Je comptai jusqu'à la sixième dalle à main gauche et, me courbant sur elle, j'employai toutes mes forces à la faire tourner sur ellemême, comme une vis dans son écrou. Je n'y parvins qu'à grand'peine. Alors je me trouvai dans un réduit obscur.

«t Certes, je crus bien que mon trésor enfoui dans ce souterrain ne serait jamais découvert, et cependant mes craintes étaient telles que j'employai plusieurs nuits à faire un trou profond dans lequel je couchai le coffre de la gitana, après

en avoir tiré quelques diamants qui suffisaient pour plusieurs années à mon luxe, à mes plaisirs.

« Il y avait huit jours à peine que mes richesses étaient enfouies, lorsque la mort de M. le duc d'Alençon et les intrigues des ligueurs me chassèrent de mon poste, et si brutalement, que je fus obligé de déloger à la minute sans pouvoir faire une dernière visite au souterrain , dont j'aurais voulu retirer mon trésor.

«( Peu à peu mes terreurs se calmèrent. Je pensai que le coffre de la gitana était mieux caché au château que dans ma propre maison, et comme un retour de fortune pouvait me ramener au commandement de la citadelle, je pris le parti de me tenir paisiblement et bourgeoisement h Angers, riche d'ailleurs avec les pierreries dont j'étais muni. »

Le moine, qui n'écrivait plus, attachait sur son oncle un œil fixe comme celui des oiseaux de nuit et écoutait avec avidité.

— Il y a de cela quatre mois environ, reprit du Halot, je fis une affreuse maladie qui me mit au bord de la tombe, et dans mon état désespéré je fis vœu à la Vierge de restituer à la gitana, si je me rétablissais, tout ce qui restait de ses richesses , tout ce que j'avais enfoui dans le caveau de la citadelle.

« Comme par miracle, à dater du jour où je

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