‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 124 sur 185 · CHAPITRE IV. Kl · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. Kl

pris cette détermination, je me sentis revivre, et, comme je craignais qu'avec le retour de la force et de la santé la cupidité ne l'emportât sur mes bonnes résolutions, j'écrivis à la noble dame qui s'était chargée de la gitana, et la priai de remettre à sa protégée un billet que contenait ma lettre, et une petite clef que je confiai à un de mes amis chargé de porter le tout à Venise. Cet ami était un homme sûr auquel, par surcroît de précaution, je ne dévoilai pas mon secret.

— Imprudent! s'écria Clément. Et que disiezvous à la gitana dans ce billet ?

— Dans ce billet, pour ne pas répéter la confession que faisait ma lettre à la marquise, je ne nommais pas la gitana , je donnais simplement l'itinéraire du caveau d'Angers pour arriver au trésor .

— Et faisiez-vous mention du trésor dans cette notice? Disiez-vous à qui il appartient?

— J'accusais, sans détails, une valeur de plusieurs millions en pierreries, mais je taisais, il m'en souvient, le nom du propriétaire.

Jacques Clément haussa les épaules et soupira.

— Ne critique pas la seule bonne action de ma vie, reprit du Halot ; elle n'a d'ailleurs porté encore aucun fruit, puisque j'ai reçu, avec de pompeux éloges de la noble Vénitienne et de chauds rcmercîmcnts de la gitana, l'assurance

qu'on ne tenterait rien pour recouvrer ce trésor avant de m'exprimer, de vive voix, une trop juste reconnaissance.

— Ainsi, personne n'est venu à la recherche?

— Personne.

Le moine respira librement.

— Je me connaissais bien , en me hâtant de renseigner lagitana,car la santé m'étant revenue forte et vigoureuse, je ne tardai pas à me repentir de ma générosité, et songeai sérieusement à me saisir du coffre précieux. Un incident me causa surtout de soudaines terreurs. Cet incident, le voici :

<t L'Albanais Ancyre , qui était demeuré au château lieutenant de M. de Brissac, comme il avait été le mien, me dit, un soir qu'il était venu souper chez moi :

« — Ah çà ! mon cher commandant, vous ne m'avez jamais parlé de vos voyages nocturnes là-haut... Que diable alliez-vous faire dansées catacombes ?

« Mes cheveux se dressèrent sur ma tête, et je dus pâlir horriblement.

,( — De quelles catacombes, de quels voyages? demandai-je.

u — Eh pardieu ! de cette petite porte de fer de la cour des citernes, de cette galerie, de cet escalier et de ce joli petit caveau quon ouvre

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