‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 126 sur 185 · CHAPITRE IV. Bî · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. Bî

compris que la cachette de mon trésor n'avait p.is été découverte, car à l'éjjoque de cette absence dont avait j)arlé le Grec, je n'avais pas commencé ma fouille, et depuis lors je n'avais [)as quitté la citadelle un seul instant. Mais la crainte de voir tant de richesses tomber aux mains d'un homme que je détestais ne me laissait ni repos ni trêve. J'entamai alors la conspiration qui a aujourd'hui un si triste dénoùment, grâce h la trahison de Pampelonne et du vicomte de Gourdon... Écris ces deux noms, Jacques, écrisles en grosses lettres. »

Jacques Clément écrivit.

— Et songe que si je te fais aussi riche que le roi, plus riche peut-être, c'est au prix du sang de ces deux traîtres.

— J'ai juré, dit froidement le moine.

Puis il ajouta avec un sourire sensuel :

— A combien estimez-vous ce qui reste dans le coffre, mon oncle?

— Dix millions.

— Et l'Albanais est bien mort ? Vous avez vu son cadavre?

— Je l'ai vu.

— Très-bien ! Maintenant, mon pauvre oncle, marmotta le jeune moine en serrant son étui sous sa robe et se signant, répétons le Confiteor.

— Va-t'en au diable, hypocrite... Je crois,

Dieu me pardonne, que tu assassinerais de la main gauche en te signant de la droite.

— Nous devons terminer toutes nos actions par une dévotion , dit Clément , ainsi que nos journées. Tout est fini entre nous pour aujourd'hui.

Sur ce, il leva les yeux au ciel, se mit à genoux et pria comme un saint homme.

Le geôlier arriva comme il se relevait. Clément baisa son oncle sur le front, lui dit :

— A demain !

Et sortit du cachot.

— Ce qui me console , se dit du Halot en se roulant sur sa paille, c'est que ce sacripant ne jouira pas longtemps de mes richesses, car c'est un gibier de potence, s'il en fut, et tout roué que je dois être demain, j'aime mieux ma peau que la sienne.

Du Halot avait l'âme d'un soldat , toute reprochable et si peu blanche que fût cette âme. II avait bravé la mort dans vingt combats, et chaque fois qu'il l'avait rencontrée sur son chemin, il lui avait fait bon visage.

Son cœur haineux s'était apaisé par la certitude d'une vengeance prochaine, et il s'était endormi sans trop s'attendrir sur le triste réveil qu'on lui préparait.

Le lendemain , dès huit heures, un piquet de

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