GOURDON SE PASSIONNE DE PLUS EN PLUS
— Malheureux ! s'était écrié Rochoraorte courant à Paiiipelonnc dès la première décliargc d'artillerie... malheureux! qu'avez - vous fait?
— xlla foi ! l'occasion était trop belle, je n'ai pu y résister... Feu! mes enfants... A la bonne heure !
Une nouvelle détonation avait aussitôt fait gronder les échos de la Mayenne sur des tons formidables.
Pampelonne riait, à cœur joie, de voir détaler les citadins, et débitait sur leur compte les plus étourdissants quolibets.
— Au moins puisque le mal est fait, dit Gourdon, ménageons notre poudre, nous ne tarderons pas à en avoir besoin.
— Ah çà ! mon cher baron, demanda le Gascon s'adressant à Rochemorte, je crois, Dieu me pardonne, que vous plaignez ces malotrus... Ne fallait-il pas les corriger et traiter ce gredin de du Ilalot avec quelque peu d'humanité?
— La correction nous coûtera cher.
— Comment l'entendez-vous?
— Jusqu'à présent, nous n'avions rien eu à démêler avec la ville, et nous aurions pu vivre en assez bonne intelligence avec les Angevins.
— Peste ! interrompit Pampelonne, avez-vous vu comme ils accommodaient ce pauvre du Halot!... Etait-ce encourageant?
— Laissez-moi achever ma phrase et ma pensée : nous aurions vécu en bons voisins parce que nous aurions entamé quelque négociation jusqu'à l'arrivée du prince de Condé.
— Mais puisque le prince arrivera dans la journée, ditGourdon.
— Il peut être retardé.
— Alors ce sera Joyeuse qui arrivera le premier, voilà tout ; et pourvu que nous tenions trois fois vingt-quatre heures, c'est plus qu'il n'est besoin.
— Il est vrai, dit Gourdon, que ces bourgeois