‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 134 sur 185 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

nous serons toussccourusou pcnJus... Continue.

— Nous avons des fruits secs.

— Et puis?

— C'est tout, monseigneur,

— Comment! c'est tout?

— Absolument tout.

— Et le vin?

— Ali ! (juant au vin, nous n'en manquons pas. M. de Brissac a toujours eu bonne cave.

— Alors, M. le maitre d'hôtel, écoutez et suivez-moi bien, s'il vous plaît. Ce que je vais vous ordonner est de la plus haute gravité.

— J'écoute, monseigneur.

— Ce que je vais vous confier importe à l'État. C'est un secret d'Étal, entendez-vous?

— J'entends, répondit le maître d'hôtel qui ouvrit étonnamment ses oreilles déjà trop larges et trop longues.

— Les secrets d'État qui ne sont pas strictement gardés font tomber la tète de ceux qui les laissent échapper... Vous comprenez?

— Je comprends, monseigneur; mais comment...

— Si je vous choisis pour confident, c'est que vous êtes le seul homme, ici, à portée de me servir.

— Je ferai de mon mieux, mais je tremble d'être au-dessous d'un pareil honneur.

— Vous allez fourrer dans un panier un beau jambon, le plus séduisant de tous les jambons que vous ayez. Vous y joindrez quelques cervelas, des fruits secs et du pain frais... M'avez- vous entendu ?

— Oui, monseigneur, parfaitement : un jambon, des cervelas, des fruits secs et du pain frais... Combien de livres de pain?

— Environ dix livres. Vous glisserez dans les coins quelques bouteilles de bourgogne ou de jurançon. Avez-vous du vin d'Arbois?

— Et du meilleur.

— Vous m'en ferez une petite provision... Mais nous en parlerons demain... Ah ! n'oubliez pas de mettre un paquet de gousses d'ail dans le panier... c'est un excellent digestif que l'ail, lorsqu'il est bon.

— Monseigneur a raison et s'entend en cuisine.

— Enfin, bourrez-moi ce panier de choses délicates et substantielles. Je m'en rapporte à vous. La nuit venue, vous porterez vous-même ces provisions dans ma chambre... Est-ce compris?

— Oui, monseigneur.

— Et si vous dites jamais à qui que ce soit un mot des ordres que je vous donne, vous êtes un homme perdu.

— Bonté divine ! soyez sans crainte.

— Très-bien î retournez à vos affaires.

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