‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 135 sur 185 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le maître d'hôtel se retira fort surpris de ce qu'un jambon, des cervelas, du pain, de l'ail et (lu vin, pussent tenir tant de place dans les aflaires de l'État.

Pendant le reste de la journée, Pampelonne, Rocheraorte et le vicomte s'occupèrent activement (les préparatifs de la défense, et les trois braves gentilshommes tirèrent tout le parti possible de leur petite garnison et de leurs moyens matériels.

Gourdon avait été rendre compte à la signora Fabiani de ses recherches infructueuses, et il était parvenu à vaincre la résistance de la Vénitienne qui, ne voulant pas se mettre en route sous son escorte, avait résolu de ne pas abandonner son guide prisonnier.

Mais, vers la jBn de la journée, les sentinelles s'étaient aperçues que les citadins faisaient de nombreuses patrouilles aux abords du château, et elles avaient vu arriver dans la direction de Tours quelques courriers royalistes, dépéchés sans doute par Joyeuse pour remonter le moral des bourgeois et annoncer sa prochaine arrivée.

Le prince de Condé ne se montrait pas ; et il était plus que probable que la citadelle serait cernée dès le lendemain.

Gourdon avait fait valoir toutes ces raisons pour décider la Vénitienne, que la gitana près-

sait d'ailleurs vivement de son côté, à profiter de la nuit pour fuir, et elle s'était rendue. Paraj)eIonne s'était chargé de ne rien négliger pour découvrir le prisonnier et le tirer de son cachot.

L'heure de l'évasion avait été fixée à minuit. Gourdon, ivre de joie en pensant au rôle qu'il allait remplir près de sa dame, avait engagé sa parole à ses amis qu'il se dirigerait vers l'armée du prince pour précipiter sa marche.

Entre dix et onze heures, pendant que Rochemorte faisait élever un mur d'appui à l'endroit le plus faihle des remparts, Pampelonnc alluma sa lanterne sourde, et, chargé de son panier de vivres, il se rendit à la porte du souterrain, l'ouvrit et la referma sur lui.

Parvenu dans le caveau où nous l'avons déjà suivi une fois, il posa son panier à l'un des angles de la salle, et se hâta de remonter au château, où son absence n'avait pas été remarquée. A minuit, la signora Fabiani, suivie de Venezia, et appuyée au bras de Gourdon, sortit de la citadelle par une porte dérobée ; mais les fugitifs n'avaient pas fait vingt pas qu'ils rebroussèrent chemin précipitamment, pour éviter une embuscade tendue par ceux de la ville.

Toute la campagne était semée de gens de guerre et de bourgeois armés qui travaillaient à dresser des palissades.

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