CHAPITRE Vil. iO
tes querelles, en vain fit-il assnut avec les plus rccloutés spadassins et en trioinpba-t-il : onparla (le lui comme d'un dangereux camarade, mais on évita sa compagnie, et son courage et son adresse lui nuisirent en ce sens que personne n'osa croiser son fer.
Réduit à donner quelques leçons, et gagnant à peine son boire et son manger, troué aux coudes et la mine amaigrie, le capitaine songeait sérieusement à quitter l'Italie pour revenir en France où les apôtres de la Ligue annonçaient un si bel avenir de désordres et de batailles, lorsque sa belle étoile lui fit faire une rencontre inespérée. Un soir, comme il caressait, un à un, d'une main distraite, les longs poils de sa barbe, et qu'il contemplait d'un œil morne le seul ducat qui lui restât, un coup sec frappé du dehors, à la porte de la chétive maison qu'il habitait, le tira de sa rêverie.
11 faisait déjà nuit, et le capitaine penché à sa fenêtre ne put distinguer qu'une ombre noire collée à la muraille.
— A qui en veut-on? demanda-t-il.
— Le capitaine la Gazette, s'il vous plaît? dit une voix qui semblait contrefaite.
— C'est moi-même.
— Alors ouvrez vite, je suis pressé, répondit la voix avec une sorte d'autorité.