‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 150 sur 185 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

rent à la hâte rilincTJiire que du Ilalot avait tracé pour la siguora Fahiani. Le précieux écrit fut relu jusqu'à quatre fois ; la clef que contenait le portefeuille fut saisie avec une tendresse frénétique, et le Normand, ivre et fou de joie, dit qu'il serait bien sot d'aller risquer sa vie dans un conibatnocturne,pourquelques ducats, quand il avait en mains la pierre pliilosopliale.

Cependant la Gazette se piquait d'une sorte de loyauté et de délicatesse qui l'obligèrent à tenir la promesse qu'il avait faite à son mystérieux visiteur. Il avait d'ailleurs une telle confiance dans sa force et son adresse, qu'il ne doutait pas de l'issue de la rencontre, et il n'hésita plus à satisfaire ce qu'il appelait son point d'honneur ; il détacha le feuillet qui, s'adressant à la marquise, servait de préface h la bonne œuvre de du Halot, le déchira et en jeta au vent les morceaux ; puis, portant encore à ses lèvres la notice qui devait le guider dans ses recherches, il la glissa comme une relique dans le portefeuille, mit son trésor sur sa poitrine, sous son pourpoint, et prit à grands pas le chemin de la villa Ruggieri.

— Mon honmie tué. se disait le judicieux spadassin, et mon argent bien gagné, je me mettrai commodément en route pour la France et pour Angers, où m'attendent toutes les joies du paradis, tandis que si je quittais Venise sans donner

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le petit coup d'épée qu'on m'a demandé si poliment, je courrais risque de me déshonorer et de mourir de faim sur les grands chemins, avec une mine de diamants dans ma poche.

Ce fut en achevant des raisonnements de cette force que la Gazette arriva sous les marronniers de la villa Ruggieri ; il fit d'abord une prudente reconnaissance du terrain, pour vérifier les renseignements qui lui avaient été donnés, et il achevait à peine cette opération, qu'une fenêtre s'ouvrit au-dessus de sa léte, et qu'il vit un homme s'élancer du balcon de celte fenêtre sur le gazon.

— Pardieu ! monsieur, dit le capitaine en abordant le galant chapeau bas, vous avez un fameux talent pour les cabrioles.

— Vous m'obligerez en vous mêlant de vos affaires, répondit l'inconnu d'une voix douce comme celle d'une femme ou d'un enfant.

— Peste ! vous prenez la mouche aisément, mon ami; cela me fait véritablement plaisir.

— Peu m'importe... A qui en avez-vous?

— Mais... à vous-même, ce me semble... D'où diable venez-vous par là ?

A cette question impertinente, celui à qui elle s'adressait recula de quelques pas, mit l'épée à la main et dit en ricanant :

— Je vous comprends; vous m'attendiez...

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