‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 154 sur 185 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

— Que volrc volonté soit donc faite... Je soiiis, comme vous voyez, dcxccilente composition.

— C'est la vérité ; on n'est pas plus accoramodaiil.

Le capitninesaulaà pieds joints dans le caveau, et prit, des mains du sergent, la lanterne qui lui avait été offerte.

— Bonne nuit, monseigneur, cria le soldat en replaçant la dalle : avec votre philosophie vous ne serez pas plus mal ici qu'ailleurs.

Dès que le Normand se crut seul, il promena les rayons de sa lanterne sur la muraille et sur le sol de son cachot ; et ne trouvant nulle trace de bouleversement, il poussa un gros soupir joyeux qui résuma toutes ses émotions; puis, se frottant le front, comme pour appeler sa mémoire à son aide, il tira son épée, la saisit à deux mains, et se mit à fouiller le terrain avec un courage infatigable. Aj)rès une heure du travail le plus rude, après avoir brisé le fer de sa rapière et déchiré ses ongles contre les cailloux, il mit la main sur un corps dur, jeta dans sa solitude un éclat de rire héroïque, et arracha des entrailles de la terre un petit coffre en bois d'acajou fermé par une solide serrure. Le capitaine employa encore une heure, qui eut pour lui la durée d'un siècle, avant d'avoir forcé le coffre;

mais alors il ferma subitement ses yeux éblouis, et il faillit perdre connaissance. Des diamants, des rubis, des topazes jetèrent leurs vives étincelles dans ce sombre réduit et l'illuminèrent. L'aventurier palpa toutes ces richesses avec une joie délirante ; ses yeux s'emplirent de larmes, l'air qui gonflait ses poumons s'en échappa bruyamment ; il serra convulsivement contre son sein la boîte précieuse, et quitta un moment la terre pour s'envoler parmi les anges.

A GASCON NORSIAND.

Revenu à lui , le Normand prit la lanterne et inspecta minutieusement les coins et recoins du caveau; il étudia les parois du roc dans lequel on l'avait taillé ; il fouilla le plafond de son regard aigu, et revint s'asseoir à côté du coffre avec ce sourire et cette tendresse qu'apporte une jeune mère au berceau de son premier enfant.

Étrange effet de la cupidité ! Cet homme enfermé dans un cachot sans issue, cet homme menacé par un ennemi puissant, cet homme qu'attendait peut-être une mort terrible, ne don-

liait pas un regret à sa liberté, pas une larme au désespoir; il caressait de ses mains frémissantes les pierreries qui brillaient à ses yeux, il les regardait à la pâle lumière de son flambeau lugubre, et, dans son extase, il n'avait qu'une crainte, une frayeur, celle de ne pas être assez seul pour jouir à son aise de la vue de ses richesses et d'être épié par un œil caché. Son ombre lui faisait peur, son bonheur l'épouvantait.

Le prisonnier employa toute la nuit à compter, à comparer, à peser ses diamants ; puis, énervé par cette tension continuelle de son esprit, il se roula sur le coffre, et sommeilla, pendant quelques instants, dans une grande agitation.

En se réveillant, la Gazette résolut de faire disparaître les traces de la fouille qu'il avait faite. Il prit les pierreries, les distribua dans toutes ses poches, en remplit une ceinture de cuir qu'il portait toujours sur lui , en fit glisser dans le tuyau de ses bottes, et le coffre étant complètement vide, il y mit quelques cailloux, le referma de son mieux, le replaça dans son trou et le recouvrit de terre.

Ce travail était à peine achevé que le capitaine entendit pivoter sur sa tête la dalle qu'avait déplacée le sergent lors de son incarcération.

— - Eh bien ! monseigneur, demanda la voix

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