‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 158 sur 185 · CHAPITRE VITI. \7i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VITI. \7i

— Foi de gentilliommc, interrompit Pîimpelonnc en se frappant le Iront, vous êtes done... Qui ctes-vous? que faites-vous là?

— lïclas ! permettez (ju'avant de rc'pondre ze vous fasse moi-même oune question?

— Faites.

— On m'a si étranzemcnt reçou dans ce castel que z'ai oune peur bleue de dire qui ze souis. Quant à ce que ze fais, on le devine; ze m'ennouic cordialement, et ze fais diète comme oun dévot.

— Vous pouvez parler sans crainte, je crois que nous serons amis...

— Ma foi, ze voudrais bien vous embrasser, mon ser, pour ce que vous me dites là... Avezvous enlendou parler, en votre vie, de la marcliesa Fabia Fabiani?

— Oui, pardieu ! et beaucoup; c'était, Tan dernier, la femme dont tout Venise s'occupait. La marquise Fabiani! la belle solitaire! la superbe et dédaigneuse affligée!

— Votre Seigneurie a donc habité Venise, mon ser ami?

— Pendant quelque temps... Mais continuez.

— Eh bien ! pouisnue vous connaissez la marchesa, connaissez-vous lou marquis son père?

— Non... Je n'en ai même jamais entendu parler.

— C'est loui qui a lou plaisir de vous salouer, carissirao.

— C'est donc vous que le Grec a fait jeter daus ce cachot ?

— Z'ai cet honneur; hélas ! oui.

— Et c'est la marquise Fabiani qui était retenue prisonnière au château ?

— Apparemment !

• — Comment! apparemment.

— Ze dis apparemment, perché ze souis privé de sa sère compagnie depouis longtemps... Ma pauvre fille, qu'en aura-t-on fait? Ze n'en sais absolument rien.

— Allons, rassurez-vous, la marquise n'est plus au château, eWe est sur la route de Paris, escortée par un luron qui la mènera à bon port. Ma foi, M. le marquis, j'avoue qu'après avoir promis à votre fille de sauver son père, je ne m'attendais pas à me trouver à même de remplir ma promesse.

— Oh ! le Grec y avait mis bon ordre, à ce qu'il paraît, et il m'avait parfaitement caché!

— Je vous croyais mort de faim depuis plusieurs jours.

— Vous ne vous êtes trompé qu'à moitié, car z'ai les dents bien longues, mon bon ami. Mais quel bon vent vous a condouit ici?

La Gazette fit cette question sans avoir l'air d'y

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