‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 159 sur 185 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

loucher, mais il prêta l'oreille avec soin pour ne rien perdre de la réponse, car il s'effarouchait un peu de la visite qu'on lui faisait.

Pampclonne, persuadé qu'il avait affaire au père de la Vénitienne de son ami Gourdon, raconta succinctement les événements qui s'étaient passés au château, et termina son récit par ces mots :

— Je me suis donc réfugié dans ces caveaux, que j'ai découverts par un hasard miraculeux, dans l'espoir de jouer quelque niche à la garnison qui nous a sup[)lantés.

— Et, pardon, mon brave ami, si ze vous importune de questions, par quelle heureuse chance avez-vous mis le nez sur la cachette de ce coquin de Grec? Certes, pendant qu'on me conduisait ici, comme ze voyais ouvrir tant de portes mystérieuses, z'ai bien crou que lou diable seul pourrait trouver ma piste.

Le Normand ne se payait pas des plus minces raisons; défiant à l'excès, il voulait savoir le pourquoi de toute chose, et la bienvenue de son libérateur ne lui était pas suffisamment expliquée.

De son côté, le Gascon ne voulait éveiller dans l'esprit du prisonnier aucun soupçon sur ses projets; la qualité du faux marquis, la fortune royale dont il le croyait maître, ne lui inspiraient aucune sécurité à l'endroit du trésor ca-

134 I-E CHEVALIER DE PAMPELONNE.

ché, car il connaissait l'avidité et même l'avarice des plus grands seigneurs italiens de ce temps, et il tremblait qu'un mot hasardé ne révélât ses projets. Son imagination féconde en expédients ne le laissa pas en chemin, et il bâtit, en un instant, toute une histoire. Il avait attaqué, dit-il, et tué le sergent d'armes du gouverneur au moment où il ouvrait la première porte du souterrain, et il avait enfoncé les autres portes à l'aide d'une pince.

La Gazette fit la grimace à ce récit et n'en crut pas un mot. Toutefois, coupant court à ce sujet, il s'écria joyeusement :

— Pouisque les portes sont ouvertes, mon ser libérateur, hâtez-vous de me faire déguerpir de ma prison , car on nous y pourrait surprendre.

— Soyez sans inquiétude, l'entrée principale est fermée, je ne suis pas simple à ce point...

— Ze n'ai que des compliments h vous faire... Ah çà! voudriez-vous, mon bien ser ami, me faire passer oune candelle, oune lanterne, oun louminaire quelconque ? ze souis fatigué de vivre ici comme oune chouette.

— Eh ! pardieu ! vous en parlez bien à votre aise ; n'avez-vous pas vidé tout mon panier?

— C'est zouste, et z'avoue qu'il m'a rendu grand service... C'est vraiment dommaze qu'il soit à sec, ce ser petit panier...

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