CHAPITRE VTII
sion diabolique; ses traits s'étaient allongés, ses yeux brillaient dans les ténèbres comme ceux d'un oiseau de nuit; il caressa ses lèvres du bout de sa langue, comme fait le tigre au moment de fondre sur sa proie; enfin tous ses nerfs se détendirent dans un tressailiemerit général; il frissonna de la tète aux pieds, en découvrant le but réel que i)Oursuivait Painpelonne: c'était bien pour dénicher le trésor de !a gitana que le rusé Gascon était veau dans le souterrain.
« Voilà un premier à-comple, avait pensé la Gazette, j)0ur te payer le coup d epée dont tu me crois mort... Qui vivra verra le reste. ;>
Quant au chevalier, comme il n'avait aucun doute sur l'identité du marquis Fabiani, il ne se donna pas la peine de regretter l'incognito qu'il venait de trahir; et il travailla, sans relâche, à élargir le trou par où devait sortir le prisonnier. D'ailleurs , la besogne était pressante ; Pampelonne avait hâte de se débarrasser de son fâcheux, il flairait les diamants dont il avait juré de s'emparer, et pour mener à fin son entreprise audacieuse, il lui fallait écarter ce voisin importun qu'il donnait, du fond de l'âme, à tous les diables.
— Ma foi! M. le marquis, dit notre Gascon après un assez long silence, je crois que vous pourrez passer la tète par cette ouverture.
— Ze vais essayer, mon noble ami... Oui, per Baccoî voilà bien ma tête dehors... Ouf! on respire un peu mieux ici que là-dessous... Hum! prenez-moi sous les aisselles et tirez à vous... ferme... Nous y sommes... Ah! moussieu lou Gascon, vous voudrez bien que ze vous embrasse... hein?
— Volontiers.
— Et maintenant, quel chemin allons-nous prendre pour gagner les champs?
— Suivez-moi, il est près de minuit, tout le monde dort dans le château , la fuite nous sera facile.
— Dépêchons... il me tarde tant d'embrasser ma pauvre fille!... Quelle zoie pour cette sère enfant ! Vous dites donc qu'elle voyaze sous bonne escorte?... Mais où la trouverai-ze?
— Quant à cela, je n'en sais rien... Sur la route de Paris, j'imagine; allons! suivez-moi, nous perdons un temps précieux.
Pampelonne conduisit le Normand jusqu'à l'embrasure dont il souleva la plaque.
— Per Dio ! vous êtes bien au courant des mystères de ce caveau, mon brave ami, dit la Gazette.
— N'ai-je pas fouillé dans tous les coins pour vous chercher?
— Ze n'oublierai zamais votre dévouement ,