CHAPITRE IX. MO
— Je comprends à merveille... vous avez liérité de ses ccus et de sa haine.
— EIi bien ! je vous promets de renoncer à l'une de ces successions, si vous me laissez faire librement mon clioix.
— Et dans ce cas?
— Dans ce cas j'emporterai cette cassette sans savoir ce qu'elle contient, et je vous tendrai la main en signe de réconciliation.
— Vous êtes on ne peut plus accommodant, mon cher père. Quant à moi, voici ce que je vous propose...
— J'écoute.
— Veuillez déposer à terre ce coffret qui. si vous ne le savez pas. contient pour quelques millions de pierreries... Allons! faites vite.
Le moine serra convulsivement la cassette de ses deux mains, et recula d'un pas. Pampelonne détacha un second pistolet de sa ceinture, et dit :
— En supposant que je vous manque de la main gauche, vous avouerez que de la main droite je serai, probablement, plus heureux... ainsi ne faites pas de façons, obéissez.
Jacques Clément roula autour de lui un regard farouche, et comprenant que toute résistance était impossible, il feignit de se résigner de bonne grâce, et posa le coffre à ses pieds.
— Très-bien ! dit Pampelonne ; maintenaiit,
LE CHEVALICR DE PAMPELONNE. 2. 44
veuillez dénouer cette cordelière qui serre vos reins... à merveille... Faites un nœud coulant... Le moine regarda le Gascon avec une surprise mêlée d'effroi.
— N'ayez peur, ajouta Pampelonne, je vous promets la vie sauve si vous êtes sage, docile et patient... Bien! voilà un nœud très-joliment tourné... Ayez l'obligeance de glisser vos deux poignets dans l'anneau... Vous êtes un brave moine, mon père... Maintenant, asseyez-vous et jetez-moi le bout de votre cordelière... A la bonne heure. Je vous promets d'être généreux.
Disant cela, Pampelonne serra vivement la corde, et s'emparant des pieds de Jacques Clément, il les attacha solidement l'un à l'autre. Le moine étendu sur le dos, privé de tout mouvement, était pâle de rage et de désespoir.
— Si je n'avais pas pris ces petites précautions, dit Pampelonne, je n'aurais pas pu emporter à mon aise ces pauvres millions dont j'ai tant besoin... Vous comprenez, n'est-ce pas ? pour sortir de ce caveau, il faut l'agilité d'un chat, et pendant que je vous aurais tourné le dos, vous m'auriez assommé d'un coup de pioche, ceci est tout naturel. Maintenant me voilà parfaitement tranquille, et je n'ai plus, avant de vous souhaiter une bonne nuit, qu'un petit service à vous demander. Comme votre robe et votre chapeau