‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 177 sur 185 · LE CRIEUR DE LA LIGUE · texte numérisé non relu

LE CRIEUR DE LA LIGUE

Les grands événements qui signalèrent les années i 586, i 587 et 1 588 ayant séparé les uns des autres les personnages de notre histoire, nous sauterons à pieds joints sur tous les faits qui amenèrent l'assassinat des princes lorrains aux États de Blois, la toute-puissance de la Ligue, et préparèrent la chute du sceptre des Valois.

Ces laits appartiennent aux pagres les plus tragiques de nos annales ; ils ont été rapportés dans tous leurs détails par des écrivains passionnés, chacun pour le parti qu'il servait. La France,

déchirée par la guerre civile, en proie aux fureurs de la famine et des épidémies, à la brutalité de la soldatesque, à la rapacité des aventuriers, à l'ambition des chefs, n'était qu'un vasie camp sans cesse pris et repris d'assaut, misa sac par les vainqueurs, dévasté et incendié par les vaincus.

On ne rencontrait, dans ces belles campagnes, dont notre siècle est -si fier et si riche, que des bandes armées qui, sous la cornette du Valois ou de Mayenne, celle du Béarnais ou des reîtres, achevaient de pressurer, de ruiner une population vouée au malheur. A chaque pas, les chevaux de guerre foulaient les cadavres que la misère, la faim ou la peste jetaient sur les chemins ; nos cités aujourd'hui les plus opulentes, nos bourgs et nos villages étaient pleins de tumulte, de cuirasses et de canons.

Partout les ponts étaient levés, les chaînes tendues, des tours garnies ; partout brûlait la mèche des arquebuses. Il n'était bruit que de surprises, de mêlées, de massacres ! Le génie des discordes, des haines, des vengeances, planait sur ce beau pays, où, cependant, quand tout n'est pas gloire, tout devrait être amour, esprit, génie, paix et bonheur!

Poussé dans une voie funeste par la colère et l'ambition des Guises, par la colère de la du-

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