CHAPITRE XI
tahlcment coupnblcs et ces germes d'anarrhic qui font naître les régicides.
Nous avons voulu dire en peu de lignes ce qu'était la France au commenctement du printemps de 1589, année qui, selon tous les astrologues, devait être fatale.
Afin de remettre en scène les acteurs du drame que nous avons à raconter, sans revenir sur des récits qui appartiennent à l'histoire, et que le roman ne doit qu'effleurer, nous avons hâte de retrouver chacun de nos personnages, et s'ils ont eu jusqu'ici le bon esprit de plaire à nos lecteurs, nos lecteurs leur donneront, comme nous, un aimable bonjour, car plus de trois ans se sont écoulés depuis que nous avons laissé la marquise et Venezia frappant par une nuit noire à la porte d'une maison située près d'Angers, sur la route de Paris ; depuis que le Normand la Gazette s'est évadé du caveau où Jacques Clément Ta remplacé; depuis que madame du Fresne s'est élancée, le cœur jaloux et furieux, à la poursuite de Parapelonne, en passant sur le corps de Louise; enfin, depuis que Parapelonne et Gourdon sont arrivés à Montauban. Henri III ne possédait plus que quelques villes ; la Ligue lui avait enlevé presque toutes ses provinces, et il n'avait jilus d'espoir qu'en son cousin le roi de Navarre pour faire rentrer daus le devoir ses su-
-192 LE CHEVALIER 1>E PAMPELONISE.
jets révoltés. Les calvinistes, objet de tant de guerres et de persécutions, étaient appelés à châtier, au nom du roi très- chrétien, le parti auquel ils avaient fourni le prétexte de la rébellion ; la paix avait été faite entre les deux rois, qui s'étaient embrassés à Tours, et les troupes du duc de Mayenne avaient éprouvé une sanglante défaite dans les faubourgs de cette ville, qu'elles avaient voulu emporter d'assaut le 7 mai 1589.
Un mot d'explication nous paraît nécessaire avant de reprendre l'action générale, pour dire ce que sont devenus nos personnages pendant les trois années qui se sont écoulées.
Gourdon s'est rendu en Dauphiné où il a rudement mené la guerre contre les Savoyards et les Ligueurs, en compagnie deLesdiguières; mais sa vie belliqueuse, ses fatigues, ses faits d'armes n'ont pas arraché de son cœur la passion qui le domine, et il a demandé pour toute récompense de ses éminents services la faveur de revenir combattre sous les yeux des deux rois.
Cette faveur lui a été constamment refusée, car Pampelonne, redoutant pour son ami les liens et les hasards d'une intrigue qu'il s'obstine à croire fatale, emploie de son mieux son crédit pour le tenir en une sorte d'exil.
Pampelonne, tour à tour ambassadeur et sol-