‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 22 sur 185 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

— Et lui? se dirent à la fois les deux amis.

— Il y a quelque chose là-dessous, reprit du Fresne; votre neveu joue double jeu.

— Nous le tenons licureuseinent; et, sans perte de temps, nous allons lui faire son procès.

— C'est cela, interrogeons-le.

— Et pendons-le.

— Quoi ! votre neveu ! fit du Fresne.

— Il n'est pas plus le mien que le vôtre, réj)ondit du llalot en haussant les épaules. Mais chut ! voilà le Grec qui vient à nous.

Du Fresne tomba dans une sombre mélancolie qui touchait de près au marasme.

L'Albanais prit congé de son hôte, et se relira au milieu de sa troupe. Le Gascon l'accompagna jusqu'au portail, puis regagnant la salle où l'attendaient du Fresne et du Halot, il y entra d'un pied léger, l'air guilleret, disant :

— Voilà un drôle qui l'échappe belle, avouezle, cher oncle.

— Oui, mais tu n'auras pas la même chance, mon neveu, répliqua du Halot en fermant la porte à double tour.

Le Gascon s'étendit dans un fauteuil et dit en bâillant :

— Quelle heure est-il? J'ai bon besoin d'un somme. Userait charmant de nous aller coucher. Qu'en pensez-vous?

— Nous sommes deux contre toi, mon luron, murmura sourdement du Halot, et, si matelassé que soit ton ventre, nous Talions découdre proprement si tu ne confesses la vérité.

Malgré son assurance impertinente, le Gascon sentit un frisson nerveux se glisser dans ses veines, en voyant ces deux hommes, dans la vigueur de l'âge, le couteau levé sur lui.

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