CHAPITRE IV
nous gênerait inlinimcnt , vous comprenez ? si nous n'en étions avertis.
— Je le crois bien , dit du llalot ; au lieu de cinquante ennemis , nous en trouverions deux cents demain.
— Vous voyez, le cas est grave.
— Peste ! fit le capitaine , je vais aller souhaiter le bonsoir à ma femme et urembarquer.
— Laissez donc dormir en paix madame du Fresne , repondit du Ilalot , et partez au plus vite.
— Allons ! je pars.
— Vous , mon oncle... Ah ! pardon, ce titre vous déplaît.
— Non, vraiment!
— Choisissez parmi vos créatures vingt ou vingt-cinq bons garnements , habiles à jouer de lépée, de la masse, de l'arquebuse et du poignard. Que chacun de ces lurons en vaille quatre de ceux qui sont là-haut; faites mettre à tous des cottes démaille ou de buffle; enfin, organisez la sérénade, vous aurez de la besogne jusqu'au point du jour. Ayez soin , surtout , de ne pas dire ce que vous voulez faire ; une heure avant de marcher , vous réunirez votre monde hors la ville, près du château , et , en arrivant sur la herse , vous les mettrez au courant de toute l'histoire. Est-ce compris?
— Parfaitement.
— Quant à moi , je vais nie iermer aux verrous, et dormir comme un loir ; montrezmoi le chemin de la chambre que vous me destinez?
— Puisque je dois courir les rues toute la nuit, vous me permettrez de vous offrir mon propre appartement...
— C'est bien de l'honneur, interrompit le Gascon , qui cligna des yeux, ne sachant s'il devait soupçonner quelque fourberie sous cette politesse.
— Ne sommes-nous pas parents?
— Dès lors, je capitule.
Du Halot conduisit son hôte dans sa chambre, boucla son ceinturon d'épée, s'enveloppa d'un large manteau brun, et salua en disant :
— Vous ne serez troublé ici par aucun bruit, les murs sont épais, et voilà de solides verrous. Bonne nuit 1 mon cher neveu, je vais faire fermer, barrer et cadenasser la grand'porte derrière moi, pour qu'on vous laisse en plein repos.
— Est-ce votre habitude? demanda le Gascon avec une imperceptible grimace.
— Non, mais pour vous , que ne fcrais-je?
— Va donc pour la barricade... Ah! puisque vous traversez la cour pour sortir, veuillez ordonner à votre valet d'écurie de m'apporter sur-le-