PAJIPELONNE, DU HALOT ET DU FRESNE PASSENT DE VILAINS MOMENTS
Pourquoi le chevalier de Pampelonne s'était-il élancé ventre à terre sur la route de Nantes? Où avait-il pris son bizarre accoutrement ? Pourquoi le capitaine du Fresne était-il rentré chez lui muni d'une si grosse colère?
Telles sont, probablement, les questions qu'on nous adresse. Nous y répondrons en racontant ce qui se passait à Angers et aux environs pendant que madame du Fresne attendait son galant.
Deux heures après que Pampelonne eut quitté
96 LE CHEVALTÉR DE PAMPELONNE.
le sergent de service à la barrière de Nantes, une ronde vint à passer près de ce poste.
C'était 31. du Broc, gouverneur d'Angers, qui, accomplissant rigoureusement les devoirs de sa charge, visitait les corps de garde accompagné d'un bas-officier qui portait une torche devant lui.
— Quoi de nouveau ? demanda le gouverneur au sergent en homme qui s'attend à ce qu'on ne lui donnera que des nouvelles pacifiques.
— Je ne sais rien que vous ne sachiez, M. le gouverneur ; la nuit est aussi calme que sereine, et je regrette bien de n'être point dans mon lit.
— Bah ! vous en dormirez mieux demain... Ainsi, tout marche à souhait?
— Oui, M. le gouverneur... Ah! j'oubliais... Il a passé, il y a deux heures.
— Qui cela ?
— Votre homme.
— Mon homme?
— Eh ! oui, votre page, votre cavalier, votre courrier, que sais-je, moi? Il a passé et pris, tout aussitôt, le galop... Le gaillard est planté sur sa selle comme un centaure.
— Ah çà ! mais vous avez la berlue, j'imagine?
— Plaît-il ?
— Je ne comprends pas un mot à ce que vous inventez.