‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 5 sur 185 · CHAPITRE PREMIER. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. H

— Faites, ajouta du Ilnlot , mon neveu est ici le maître.

— Et maintenant que mon cheval se va camper au râtelier, allons nous mettre à table, nous, dit le voyageur.

Du Halot examina de la tête aux pieds ce personnage sans gêne, et ne trouvant rien à lui répondre, il passa devant pour montrer le clienjin de ses appartements.

— Hé! raordieu! il paraît, mon oncle, que vous faites bonne chère , en dépit de votre disgrâce ; je flaire un parfum de cuisine qui me chatouille l'estomac.

— Mais oui , j'attends quelques personnes à souper.

— Ahî des amis?

— Non, des ennemis.

— Tant mieux! ce sera plus gai... Et où prenez-vous ces ennemis î

— Comment, où je les prends?...

— Sont-ce des Navarrins ?

— - Non.

— Des ligueurs?

— Quand je vous connaîtrai mieux, je serai plus communicatif.

— A votre aise... A quelle heure soupe-ton chez vous?

— A huit heures très-précises.

— Fort bien, quoique ce soit un peu tard... Ouf! Savcz-vous, mon oncle, que je suis moulu de fatigue?

Disant cela, l'abbé se laissa choir dans un fauteuil, renversa sa tête sur le dossier et ferma les yeux.

Du Halot qui , sans que son mouvement eût été aperçu, avait détaché un poignard d'un râtelier d'armes cloué à la muraille, s'élança sur son hôte, mit un genou sur son ventre, posa une main nerveuse sur son épaule, et, le secouant sous son arme prête à frapper, lui dit :

— Voulez-vous avoir l'obligeance de m'apprendre qui vous êtes, monsieur l'intrus?

— Moi? fit le Gascon sans trop s'émouvoir.

— Vous-même.

— Je suis le chevalier de Pampelonne... Savez-vous ce que c'est que Pampelonne?

— Peu m'importe. Quelle comédie êtes-vous venu jouer ici ?

— Pampelonne est un village fort coquet, bâti sur un coteau du Lot; des fenêtres de mon château, on jouit d'une vue magnifique, c'est le seul agrément que, faute d'usuriers, je n'aie point encore mis en gage. De tout le terrain qu'on découvre de ce caslel en ruine, on n'en voit plus un pouce qui m'appartienne : j'ai tout fourré à l'encan ; d'où vous pouvez conclure que je suis

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