‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 58 sur 185 · L OISELEUR, LA CAGE ET L OISEAU · texte numérisé non relu

L OISELEUR, LA CAGE ET L OISEAU

La citadelle d'Angers n'était pas, en 1585, dans le bel état de défense où la mit, quelques années plus tard, le roi de Navarre. Mais c'était une place de haute importance, en ce qu'elle couvrait la ligne de la Loire, et commandait un pays où les religionnaires avaient bon nombre d'intelligences. Elle était occupée par une bonne garnison, et ses larges fossés, ses bastions flanqués de grosses tours, ses murailles épaisses et ses approvisionnements considérables en faisaient un poste de première ligne que convoitaient à Tenvi les ligueurs et les huguenots. Le

siège en eût été difficile, car les troupes du duc de Joyeuse, qui penchaient depuis quelque temps pour les princes lorrains, chefs de la Ligue, ses alliés (le roi Henri III avait fait épouser en 1582, à son mignon, sa belle-sœur Marguerite de Lorraine), les troupes du duc de Joyeuse et celles de son frère, disons-nous, manœuvraient en Bretagne à cette époque. Aussi n'était-ce que par un coup de main hardi et par un ingénieux stratagème, que les huguenots s'étaient décidés à emporter cette place qui devait reculer leur redoutable boulevard de la Rochelle.

Le comte de Cossé-Brissac, fils du maréchal de ce nom, gouverneur titulaire du château, était un seigneur, type de cette race valeureuse et voluptueuse tout à la fois, qui, dans ce règne malheureux et constamment troublé, se flt remarquer autant par sa dissolution que par ses faits d'armes. Il avait enfoui dans sa résidence toutes les richesses enlevées par son père au château de Verceil en Piémont. Les meubles seuls de ses appartements étaient estimés deux cent mille écus, somme énorme si l'on veut se reporter à la valeur des espèces il y a plus de deux siècles.

Quant à la merveille renfermée entre ces hauts remparts, elle n'avait pas de prix, comme nous Talions voir.

Vers onze heures, le même jour choisi par les

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