LA MORALE DE L HISTOIRE DES FOURCHETTES
Un soldat, entrant vivement dans la salie, dit au commandant du Halot :
— Les bourgeois d'Angers font grand tapage dans le faubourg et devant l'esplanade ; ils demandent ce qui s'est passé à la citadelle, et pourquoi on y a tant tiré de coups d'arquebuse.
— Il faut voir cela , dit Rochemorte ; apprenons à ces braves gens que le bon plaisir du roi a triomphé... Venez vous montrer. M. le gouverneur.
— Allons nous montrer, répéta duFresnequi suivit du Halot d'un pas joyeux.
— Accompagnez -les, Pampelonne , et vous aussi . Gourdon, glissa Rochemorlc à ses amis ; moi, je vais tout inslaller pour la défense et achever de gagner les soldats (jui ne sont [)as encore à nous.
A ces mots, il joignit un signe auquel le Gascon et le vicomte répondirent ; puis il s'esquiva au détour d'une galerie et courut aux remparts.
— Vive le commandant du Halot ! crièrent un millier de bourgeois , hommes et femmes mêlés, qui stationnaient sur les glacis de la citadelle... Vive du Halot! mort au mercenaire! mort au Grec!
Du Halot fit abattre le })ont, et, s'avançant vers la foule, il s'écria, du plus loin qu'il put se faire entendre :
— N'ayez peur qu'il vous chagrine, le Grec ; son ànie est en voyage depuis un bon moment.
Arrivé à quelques pas des groupes, le commandant remarqua par-ci par-là des figures qui ne lui revenaient nullement, et des hommes très-connus pour être de fanatiques ligueurs.
— Hé ! hé ! pensa du Halot, me serais-je embourbé, par hasard?
Comme il était brave, il n'osa pas faire retraite et courir vers la citadelle ; c'eût été se déshonorer en plein jour et devant toute la ville 5 d'ailleurs sa