‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 96 sur 185 · CHAPITRE XIII. 27Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. 27Ô

(lit le ^itano d'un ton d'autorilé à la fois hiiis- (jue et paleinel.

La vieille s'éloigna et revint hienlùl, jtortant un paquet qu'elle ouvrit aux pieds de la Péruvienne.

Ce paquet contenait tout un costume de picador, fait à la taille d'un enfant de quinze ans. Le costume était riche, élégant, complet.

-Quoi! dit ma grand'mère, vous habitez des tanières, et vous remuez l'or à pleines mains; vous vous couvrez i.'e haillons, et vous avez des habits de velours; vous êtes mendiants, et vous donnez ; vous êtes serviteurs, et vous commandez?...

— C'est, parmi nous, l'avantage qu'ont les riches sur les plus grands seigneurs chrétiens qui ne sont qu'opulents. Nous jouissons, nous, de l'opulence et de la misère. Habille toi.

Peblo se retira. La Péruvienne changea rapidement de costume et jeta un long manteau sur iies épaules.

Un quart d'heure après cette toilette, la fdle de l'Inca et le gitano entraient à Thôtel de don Vives qui resplendissait de lumières et de joveux accords.

Onlesfitpasserdans un jardin sur lequel donnaient les fenêtres ouvertes des grands appartements illuminés.

27i LE CHEVALIER DE PAMPELONINE.

Peblo et ma grand'mère se placèrent sous un grenadier aux fleurs couleur de sang, et attendirent en silence.

Ils entendaient le chuchotement des voix , et voyaient passer les daines et les cavaliers, les heureux de la fête !

Tout à coup, des pas glissèrent sur le sable du jardin, et don Vives apparut dans une allée.

Peblo fit signe à la Péruvienne de ne pas bouger et avança de quelques pas.

— Vous avez donc eu bien de la peine, seigneur gitano, dit don Vives à voix basse, à réunir vos doublons? Je désespérais presque de votre parole.

— Il n'est pas encore minuit, Excellence...

— Peu s'en faut. Ne dois-je pas être impatient ?... Ma femme est si belle !...

— C'est justice... Çà ! je vous apporte vos quittances. Tout a été payé dans la journée.

— Bon. .. etle reste?

— Mon neveu porte le sac sous son manteau ; je l'en ai chargé , pour qu'il pût, jeune et bien vêtu, vous suivre jusque dans votre cabinet et y déposer son précieux fardeau.

Disant cela le gitano , qui avait conduit don Vives près du grenadier, ajouta :

— Approche, petit ?

La Péruvienne entrouvrit son manteau, et,

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