‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 111 sur 175 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

— Nous loger ailleurs^ pardienne !

— Plus haut, c'est impossible.

— Je le crois, corbeuf ! Nous sommes sous les tuiles... Mais plus bas?

— Impossible; tout est pris. Il vous faut coucher ici ou passer le pont, mon auberge étant seule dans le quartier.

Gourdon et Pampelonne se concertèrent d'un regard .

— Nous resterons, dit le vicomte.

— Et vous ne ferez pas mal, reprit l'hôte, de plus cossus que vous n'ont pas dédaigné cet appartement, voire que vous y remplacez un trèsnoble seigneur... le baron delà Gazette...

— Hein? s'écria Pampelonne.

— Le baron de la Gazette, qui nous a quitté il y a deux heures environ.

— Pour aller?

— Ma foi, je ne sais où... voilà une fine fleur de courtoisie !

L'hôte fit mine de se retirer, après avoir allumé un reste de chandelle qui ornait la tablette de la cheminée.

— Faites-nous souper sans retard! lui cria Gourdon.

— Je finirai bien par rencontrer ce sacripant de la Gazette, à forte de marcher sur ses talons, dit Pampelonne. Ce jour-là, gare à lui !

48 I.E CHEVALIER DE PAMPEIONHE.

— Laisse là ton la Gazette, et occupons-nous d'entrer chez la duchesse, répondit Gourdon.

On apporta les valises des deux amis, et bientôt après on leur servit quelques pièces froides et un pot de vin passable.

Gourdon était préoccupé, silencieux, ne mangeait presque rien et versait souvent à boire à Pampelonnc qui, toujours gai, parlait à tort et à travers, mangeait bravement et buvait rubis sur l'ongle.

Il y avait cette différence entre le vicomte et le chevalier tous deux amoureux, tous deux impatients de revoir celles qui les avaient témérairement attirés dans une ville où tout visage leur était ennemi, il y avait cette différence que le vicomte cherchait dans son cœur une inspiration pour faire savoir son arrivée à la marquise surle-champ, et que le chevalier cherchait cette même inspiration dans son gobelet et sa bonne humeur.

— Eh bien! trouves-tu? dit Gourdon.

— J'ai trouvé !

— Allons, parle et agissons.

— Mon cher vicomte, si vous êtes entré au château d'Angers, et si vous en êtes sorti, c'est grâce à moi ; si vous avez retrouvé les traces de votre Italienne, vous me le devez encore ; c'est moi qui vous ai fait entrer dans Paris par la

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