‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 121 sur 175 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

meure frappe dans un combat, ou frappe d'un poignard, pourvu (ju'il nieuro, justice sera faite. El si vous écoutiez le conseil de ce que vous appelez ma sauvage énergie, vous souhaiteriez (fue la mort des braves se détournât de ce chevalier déshonoré, vous souhaiteriez (ju'il succombât misérablement, obscurément, sous les coups d'un vil régicide !

— Mais alors, c'est à moi seule que revient le droit, la gloire et le bonheur de porter ce coup vengeur.

— Ne cherchez pas à vous tromper vousluéme, en voulant gagner du tenjps... vous savez à n'en pas douter que l'accès de la cour vous est absolument interdit; que nulle femme n'approche du roi ; que si nous avons eu, une fois, l'occasion d'arriver jusqu'à lui, c'est comme par miracle, et parce ({ue ce lâche sybarite était plongé dans une folle ivresse. Allons ! chère signora. reprenez cœur et courage, songez à votre gloire, à l'orgueil des Fabiani, à votre sang révolté.

— Je me soumets ; d'ailleurs, il n'est plus temps de reculer. Cependant, ce même orgueil de mon sang me reproche la bassesse de l'intrigue à laquelle je me suis mêlée ce soir.

— Racontez-moi donc ce que vous avez fait.

— La duchesse m'a conduite dans un grand couvent, le couvent des Jacobins, je crois. Nous

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y avons été reçues secrètement par le prieur de l'ordre, un homme dont le visage est dur, le maintien austère, et qui m'a paru plus envenimé contre le roi que madame de 3Iontpensier et que moi-même. Nous avons attendu dans l'oratoire (lu prieur pendant une heure entière. J'étais l'ohjet des soins de ce religieux et de la duchesse; tous deux me remerciaient, avec exagération, du service immense que j'allais rendre à la Ligue, à la Finance, à la religion. Le prieur nous a laissées seules, un moment, la duchesse et moi, et, pendant ce court moment, madame de 3Iontpensier m'a dit : ' Ce que nous vous demandons ne vous coûtera guère ; il s'agit de jouer un bout de rôle dans une comédie en apparence bien futile, et dont les suites sont incalculables. » Comme je désirais connaître ce rôle, elle me répondit : i! Nous allons vous mener dans une étroite galerie qui communique avec cet appartement ; vous marcherez en étoufîcmt le bruit de vos pas, et, obéissant à un signe du père prieur, vous montrerez votre doux visage à une glace qu'on découvrira devant vous, et prononcerez lentement, à voix haute et sur ce ton, la phrase que voici : I Élu de Dieu, sauve tes frères; arme ton u bras, frappe Théré tique, et lave les péchés du u Valois dans son propre sang!.»

« La duchesse me répéta trois fois ces mots, et

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