‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 124 sur 175 · CHAPITRE IV, 7î · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV, 7î

stratagème que les ennemis du làclie Valois, plus jaloux que vous de leur liiiiae, ont inventé à votre profit comme au leur. Quel que soit votre choix, je n'en serai pas moins votre fidèle esclave, mais, je le jure ici sur rélernité de ma mère vénérée, dussé-je me vendre pour vous trouver un vengeur, moi qui n'ai ni gloire à ménager, ni noblesse à dégrader, je me vendrai et vous vengerai !

La signora Fabiani pressa sur son cœur cette sauvage enfant des tribus errantes, baisa ses cheveux et lui dit :

— Tu me rappelles à mon dernier serment : merci ! périsse ma dignité, je n'écouterai que l'indignation de mon cœur... le sort en est jeté, celui qui m'a précipité dans la boue mourra!

— Voilà comme je vous aime... Ecoutez, signora, si ces artifices vous sont odieux, je sais un moyen plus honorable, plus droit d'arriver aux mêmes fins.

— Lequel?

— Peblo!

— Je ne te comprends pas.

— - Votre Peblo, à vous, est un homme loyal et brave, un vrai gentilhomme que Dieu mit sur vos pas, il y a trois ans environ.

— Le vicomte de Gourdon ! murmura la marquise avec émotion.

76 LE CBEVALIEK DE PAMPELON!\E.

— Il est ici.

— Ici, à Paris?... Depuis quand?... Tu m'épouvantes.

— Il est à Paris avec... avec le chevalier de Pampelonne, balbutia la jeune fille en baissant les yeux. Ils sont arrivés dans la soirée; vous les verrez demain matin.

— Qui ta donné cette nouvelle?

— Le chevalier lui-même. Il a trouvé le moyen de venir jusqu'à moi cette nuit; je lui ai parlé, là, dans ce salon à côté... Oh! les nobles amis que vous avez en eux, chère marraine !

— Amis bien imprudents !

— Ne les avez-vous pas appelés?

— Sans doute ; j'ai commis cette faute dans un moment de folie ; la haine bouillonnait avec tant de fureur dans mon àme, que je cherchais partout des appuis, un bras pour me secourir. A présent je suis plus réfléchie : le vicomte et son généreux ami n'ont pu entrer dans Paris qu'en affrontant d'horribles dangers dont je frissonne l)our eux!...

— Et s'ils sont heureux de les braver, ces dangers? S'ils ont, en exposant leurs jours, un doux espoir au fond du cœur?

— Je te comprends, pauvre amie, tu parles là pour toi... Tu es trop heureuse pour que je mêle de sombres pensées à tes rêveries joyeuses ; je

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