CHAPITRE IV
et la chasse qu'il donnait depuis lors aux diamants de la Gazette.
— Mais, continua-t-il, ce rusé Normand déjoue mes plans les mieux combinés, il m'échappe quand je suis sur le point de l'arrêter, et je passe ma vie à courir sur ses talons. Avant-hier il était au château de Dourdan, j'y suis arrivé deux heures après son départ; hier il était à l'auberge du Pélican, et j'ai occupé sa chambre une heure après qu'il en était sorti pour aller je ne sais où.
— Pour aller s'enfermer dans Poissy, dont M. de Mayenne lui a confié le commandement avec ordre de s'y faire tuer plutôt que de se rendre.
— Il s'y fera tuer, le misérable ! car il est brave et entêté... Il s'y fera tuer, ne fût-ce que pour me jouer un dernier tour de sa façon. Signora, je n'ai d'autre fortune que mon épée. Vous êtes millionnaire, vous, et je me trouve trop pauvre en vérité pour prétendre à votre main, à moins que cette épée , mon seul bien , ne vous fasse rendre tout ce qui vous appartient... C'est un parti bien arrêté.
Venezia allait répondre, lorsque la signora Fabiani parut, donnant la main au vicomte. Pampelonne avait retrouvé sa pétulance et son esprit ; l'espoir de se distinguer aux yeux de sa maîtresse l'avait rendu lui-même. Son œil noir
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pelillait, rt il fard;iit m corjivrnlureux casse-cou d'être sur la route de Poissy et d'entrer par la brèche, répéc haute, dans cotte place que défendait le Normand.
Le vicomte de Gourdon marchait le front penché. Une anxiété visible le dominait, il regarda son ami avec tristesse, et sourit amèrement à la joie qu'il voyait briller dans son regard.
— M. de Pampelonne, dit la marquise d'un accent voilé , je n'ai pas de questions à vous faire, car je devine vos réponses. Aimez cette chère enfant dont je suis la marraine, dont je voudrais être la mère; elle a le plus noble cœur dont puisse s'enorgueillir un époux. Je la dote de cent mille écus , et la reconnais dès ce jour pour mon unique héritière.
Venezia se jeta sur le sein de sa marraine, et ne chercha pas à retenir les douces larmes qu'elle versa sur ce sein.
Pampelonne, tout en remerciant la signora Fabiani, regarda Gourdon avec embarras et surprise.
L'une des femmes de la marquise vint lui annoncerqueladuchessedeMontpensier la priait de passer chez elle aussitôt qu'elle le pourrait.
— Adieu, messieurs, dit la Vénitienne, je vous attends ce soir à dix heures, et vous prie à sou-