A NORMAND, GASCON
Muni du laisscz-passer que lui avait remis Venezia, Pampelonnc put franchir la barrière Saint-Jacques où il eut toutefois à subir un long interrogatoire. Mais on connaît l'esprit subtil du Gascon , ses reparties audacieuses, et il ne serait pas sage d'avoir conçu quelque inquiétude sur son voyage.
Le chevalier avait merveilleusement employé le temps de son court séjour à Pai'is ; il avait fait l'amour, il avait fait de la politique, de l'esprit, du drame, et n'était sorti de cette grande ville que lorsqu'il n'avait plus rien à y faire. Aussitôt
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qu'il se vit dans les champs, il s'orienta, prit une traverse à sa droite, mit son cheval au galop et tira droit sur Poissy, où il arriva au point du jour.
Dans sa course précipitée, deux craintes sérieuses talonnaient le Gascon. La ville élait-elle tombée au pouvoir des royalistes? C'était probable, c'était fâcheux, car le capitaine la Gazette, dans ce cas, était ou mort ou prisonnier; mort, il avait emporté son secret au fond de l'enfer ; prisonnier, il appartenait à celui qui l'avait pris, et c'était une difliculté de plus, une difficulté grave pour obtenir de lui ce secret précieux. A une lieue de Poissy, pendant que notre cavalier remontait la rive gauche de la Seine, un coup de canon vint ranimer sou espoir. Ce coup de canon fut suivi de décharges régulières qui annonçaient une chaude action.
— Oh ! oh! se dit Pampelonne, il paraît qu'on est aussi pressé que moi, là-bas!
Et il enfonça son cheval avec plus de vigueur que jamais. La pauvre bctc était rendue, mais elle fit un effort suprême et détala de toutes les forces qui lui restaient.
— Mon homme vit encore, pensa le Gascon, car à sa place tout autre se serait déjà rendu... Allons! la partie s'engage bien.
Le cheval butta contre une racine, et fit ce