CHAPITRE vn
— Non pas, je vais prendre les ordres du maréchal.
— • Adieu donc, bailli !
— Adieu. chevalier!... Ah ça ! maintenant que la ville est prise, rien n'empêche que j'accepte votre gracieuse proposition...
— Laquelle?
— Bon Dieu ! que vous avez la mémoire courte... Ne m'avez-vous pas offert de nous couper la gorge aujourd'hui même?
— Nous causerons de cela demain, si j'en ai le temps.
Et Pampelonne fit un pas vers la maison de la Gazette.
— Oh ! oh ! s'écria le mignon en barrant le passage, la réponse est un peu cavalière.
— Que le bon Dieu vous bénisse, mauvais plaisant! répondit Pampelonne : ne voyez-vous pasquej'ai un brasenécharpe et que la partie serait inégale?... Voyons, je vous promets de vous tuer aussitôt que je serai guéri... Là, n"êtes-vous pas content?
— A la bonne heure !... passez... Hé! un conseil, s'il vous plait... Méfiez-vous des caves et des lucarnes, ces coquins fo'it feu par tous les trous.
— Merci !
Pampelonne entra dans la maison qui était
déserte ou à peu i)rès. Il moula au grenier... personne; il fureta d;uis tous les appartements... j)ersonne ; et il se retirait la mine piteuse et déconfite, lorsqu'il entendit par le soupirail d'une cave certains gémissements aflaiblis qui lui firent tendre l'oreille.
— Ah ! bélitre que je suis! s'écria le Gascon ; j'allais manquer mon coup!
Et il s'élança de nouveau à la recherche de l'escalier qui conduisait à la cave de la maison.
La porte de cette cave était fermée; Pampelonne alla ramasser dans la rue quelques soldats de son parti. Alors il entendit des cris lamentables, de sourds murmures mêlés de jurements, et un cliquetis de vieilles ferrailles.
• — C'est mon homme, murmura le chevalier, c'est lui, je reconnais sa voix... Allons, mes amis, trois coups de hache à cette seconde porte, et nous tenons le commandant de cette méchante baraque.
Le lecteur, désirant sans doute savoir pourquoi et comment le capitaine la Gazette se trouvait verrouillé dans sa cave , et pourquoi il gémissait d'une façon si lamentable, nous ne croyons pas pouvoir lui refuser cette honnête satisfaction.
La Gazette était le plus brave aventurier de son temps, mais aussi le plus rusé Normand de son