‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 156 sur 175 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

— Dites à Sa Majesté que je serai près d'elle dans un instant.

— Pardon !... le roi veut vous parler sur-lechamp; prenez mon cheval et ne perdez pas une minute.

— Le diable soit des princes ! grommela le Gascon, il faut toujours s'occuper de leurs affaires avant les nôtres... M. le bailli, un mot, s'il vous plait. J'obéis aux ordres du roi, et vous prie de me rendre un signalé service.

— Volontiers.

— Ne perdez pas de vue mon prisonnier, faites-le attacher, garrotter, emprisonner, je vous donne carie blanche, pourvu qu'il ne vous échappe [las ; c'est un grand misérable auquel je tiens plus qu'à mes yeux ; je serai de retour au bout d'un quart d'heure.

— C'est entendu ; comptez sur moi. mais ne tardez pas trop à revenir.

— En reconnaissance, je vous tendrai la main et vous prierai d'accepter, à la vie, à la mort, mon amitié, et d'oublier notre querelle.

— Peste ! à ce compte je vais donner au baron la clef des champs. Promettez moi tout le contraire, s'il vous plaît.

— Eh bien, soit ! je vous détesterai de toute mon âme et nous nous battrons in extremis.

— Voilà qui est parler.

us I.E CHEVALIER DE PAMPEIONNE.

— Quant à vous, la Gazette, je vous traite eu gentilhomme : je vous demande votre parole que vous ne vous évaderez pas.

— Je vous la donne...

— Partez, mais partez donc! interrompit le messager.

Pampelonne s'élança vers le camp.

— Attachez M. le baron avec toutes les cordes que vous pourrez trouver, dit le bailli qui se remit à donner des hanches et à faire des pas de côté.

— II peut se faire que je ne sois pas pendu ! murmura la Gazette dans sa barbe : l'important est d'avoir beaucoup d'esprit, et je ne suis pas tout à fait un sot, Dieu merci !...

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