A QUOI S EXPOSE UN BAVARD
Pampelonne lancé, comme un trait, sur le cheittin du camp catholique, y arriva en quelques minutes. Le roi de Navarre, informé de la résistance de Poissy, avait voulu voir les choses par lui-même, et faire donner ce qu'en terme de guerre on appelle le coup de collier. 11 ne descendit pas de cheval, car il trouva la ville prise, et n'eut que des éloges à distribuer à ses lieutenants.
Pampelonne se présenta.
— Eh bien! chevalier, dit le Béarnais en riant, c'est ainsi que vous vous acquittez de votre mis- 4. 14
ibO LE CHEVAtlER DE PAMPELOUNE.
sion? Je vous crois à Paris, et je vous rencontre guerroyant contre une bicoque.
— Sire, un mot à l'écart, si vous le voulez bien. Ma mission, celle que vous m'avez confiée, ainsi qu'au vicomte de Gourdon, a eu tout le succès désirable. Les royalistes que Paris renferme répondront à votre j3remière attaque en attaquant cux-nièmcs. par derrière, les défenseurs de la porte où vous donnerez. Ces braves gens sont en petit nombre . mais pleins de courage et de zèle, j'ai visité les plus notables : tout marche à souhait. Reste à savoir quelle porte vous atta(]ucrez.
— Bien ! Ecoute, Pampelonne ; je vais te contîer un secret qui te prouvera mon estime et ma confiance. J'ai reçu à une licuo d'ici l'avis que la porte Sainf-Antoine nous sera ouverte dans la nuit du 1'' au H août prochain , c'est-à-dire dans deux jours. Tu devines la joie que me cause celte nouvel'c. Mais, ventre-saint-gris, je veux que nos Béarnais soient les premiers à mettre les pieds dans Paris; ce sont eux qui ont fait toute la besogne, à eux Thonneur de la victoire. Pars donc à franc étricr, et va dire à Rosny de s'approclicr de Vincennes et de prendre ses dispositions le plus clandestinement possible pour se présenter <à une heure du matin à ladite porte Saint-Antoine ; tu lui glisseras le mot à l'oreille,