‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 164 sur 175 · CHAPITRE VlII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VlII

Biron ; le soldat revint bientôt et rapporta que le chevalier de Pampelonne, envoyé en mission par le roi de Navarre, s'était absenté pour plusieurs jours.

— Ah ! c'est trop fort ! s'écria le bailli, c'est me prendre pour un nigaud.

— J'en ai peur, hasarda sournoisement la Gazette.

— J'ai envie de vous laisser libre sur parole.

— Gardez-vous-en bien, car je n'ai donné ma parole au chevalier que pour une heure au plus, et je m'évaderais.

— Je vais vous faire jeter dans un cachot.

— Soit, mes amis sont nombreux, je suis fort riche, il y a tout à parier que je vous échapperai.

— Alors je vais vous faire pendre.

— Quoique violent, le moyen n'est pas mauvais... sans doute... Mais vous êtes trop bon gentilhomme pour l'employer.

— Eh! miséricorde, que voulez-vous donc que je fasse, empêlré de vous comme je le suis?

— N'avez-vous pas les pouvoirs de M. de Pampelonne?

— Eh bien! après?

— Traitez pour lui, en son nom, de ma rançon.

— • Ce n'est pas tout à fait sot, ce que vous me proposez là?

— Je m'en flatte... Qu'exigez-vous?

— Attendons jusqu'à demain ; si je ne reçois aucun avis, nous terminerons celte affaire.

La nuit se passa; aucun avis n'arriva ; le bailli, qui avait tenu sa parole en vigilante sentinelle et avait couché près du capitaine enchaîné dans son lit, le secoua, au grand jour, et lui dit :

— Décidément, le chevalier se moque de moi.

— J'en ai quelque soupçon, fit la Gazette d'un ton mielleux.

— A combien vous cstinicz-vous?

— J'ai de moi une 1res haute opinion.

— Je n'en doute pas; mais encore?...

— Ne traînons pas en longueur. Je crois que mon château de Dourdan convient fort à M. de Pampelonne.

— Peste ! je le crois aussi, et à moi tout autant.

— Eh bien ! je donnerai ce château en échange de ma liberté, voilà une rançon royale, et qui vous prouve que je me rachète au même prix que vous : cest faire de moi un pompeux éloge.

— Topez là... et écrivez-moi votre acte de donation.

La Gazette fît ce qu'on lui demandait, et le

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