‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 21 sur 175 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

— Comment! quel dommage? ditVenezia.

— Quel dommage que je sois riche ! Si j'étais pauvre, j'accepterais sans marchander.

— Quelle fortune avez-vous donc, vilain! s'écria la gitana , à moins que vous n'ayez trouvé certain coffre plein de diamants.

— Eh! pardienne j'ai... j'ai de quoi vivre, interrompit le capitaine en balbutiant.

— Au lieu de cela , reprit la marquise, le roi, instruit de votre entêtement, de votre félonie, de votre richesse, vous fait pendre s'il prend Paris, et confisque tout ce que vous possédez.

— Je ne dis pas que vous n'ayez un peu raison, répondit aussitiU le Normand en se grattant l'oreille; toutefois... récapitulons : je suis fait lieutenant général; c'est assez coquet cela... Je reçois un cadeau de Sa Majesté... bon! Qu'estce que pourra bien valoir ce cadeau , s'il vous plaît?

— Une baronnie , avec un revenu de raille pistoles.

— Hé ! c'est joli , ma foi !.. . plus un palais h... Votre palais de Venise peut être estimé?...

— Un demi-million.

— Ah ! plus cent mille écus... très-bien , trèsbien!...

— Et je vous embrasserai sur les deux joues, ajouta Venezia en riaut.

■ii LE CHEVALIER UE PAMPELONNE.

— Oli! cc(;i ne me déciilerait pas prcciscmcnl... j'iii des mœurs exemplaires... Eh bien ! madame la marquise , j'aurai l'iionncur de me l'aire battre à plate couture pour vous servir... c'est convenu.

— Et vous rendrez la porte Saint-Eustache?

— Je la rendrai , foi de Normand.

— Très-bien! comptez sur moi; maintenant, dites-moi ce »iue veulent faire les ligueurs?

— M. de Maintenon a été sur[)rendre Chartres, et nous devons, M. de Saveuse et moi, par tir après-demain avec quatre cents chevaux délite pour emporter Chàteaudun.

— Et madame de Montpcnsier doit-elle rester lonj^temps à Etampes?

— Non, la procession entière doit retourner demain à Paris.

— Où est le roi maintenant ''

— Il est à Beaugency, sur la route de Bordeaux, à quinze lieues d'ici.

— Avez-vous un sauf-conduit à me donner, afin que je puisse voyager librement du camp royaliste à Paris?

— Oui, madame... tenez, prenez cette pancarte... c'est un passe-port en blanc , signe de la duchesse elle-même.

— Je vous remercie... prenez, vous, cette bague; c'est le gage de votre future splendeur.

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