CHAPITRE IV
est mort, dit la manjuisc en jetant l'un de ses gants devant elle.
-- Triple Ligue! s'écria Lansac, vous verrez qu'il nous faudra mettre l'épée à la main pour enlever ces péronnelles.
Et comme il s'avançait résolument, un bruit de voix partant du vestibule lui fit tourner la têfe. Il s'arrêta.
— Eh ! jarnibieu ! je me soucie peu de vos consignes, s'écria Crillon en entrant dans la salle, et repoussant une demi -douzaine de laquais. Messieurs, où est le roi, s'il vous plaît? Il faut que je lui parle à l'instant.
— Le roi dort.
— Éveillez-le, IMontigny; le Béarnais lui envoie un courrier... Entrez, monsieur, entrez.
Un officier de l'armée de Navarre entra aussitôt: il était couvert de poussière, botté, éperonné ; sa casaque de buffle était tachée de sang ; il se découvrit...
C'était Pampelonne.
PAMPELONNE SE COUVRE, A SES PROPRES YEUX, d'un gros RIDICULE.
L'arrivée de ce cavalier causa un mouvement général. Les seigneurs catholiques se groupèrent, échangèrent à voix basse quelques mots, et à la dérobée quelques sourires.
— Je suis désespéré, messieurs, dit Pampelonnc d'un air dégagé, d'avoir troublé vos plaisirs, mais je n'ai pu arriver à Beaugency ni plus tard ni plus tôt. Je viens do Gergeau; je suis porteur d'une dépêche importante que mon maître, le roi de Navarre, fait passer à Sa Majesté le roi de France, et je suis tombé dans un parti du
duc d'Aumale, qui a fort maltraité ma toilette, comme vous voyez.
— Monsieur, répondit Montigny, veuillez me remettre votre dépêche : le roi, qui n'est pas visible en ce moment , en prendra connaissance à son réveil. En attendant, si choquer le verre avec des catholiques ne vous épouvante pas, prenez place avec nous et le brave Grillon à cette table... Nous fêtons deux mariages fort intéressants... Vous êtes gentilhomme?
— Je suis le chevalier de Pampeloune, répliqua le Gascon avec une certaine hauteur qu'expliquait la légèreté de l'invitation.
Puis, regardant l'Italienne et sa compagne, il demanda :
— Deux mariages ! qui donc se marie ici?
— Le marquis de Lansac avec cette belle grande dame que vous voyez là , une marquise vénitienne dont je ne sais plus le nom, mais peu importe; et le baron de Chiverny avec le petit démon qui roule dans ce coin des yeux si terribles et si noirs !
Venezia s'élança vers Pampelonne , lui prit la main, lui montra sa marraine et dit :
— Sauvez-nous une seconde fois , chevalier , nous sommes les prisonnières du château d'Angers ; on nous ou Iragc : c'est le ciel qui vous envoie !
Pampelonne vint à la marquise et lui dit :