‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 51 sur 175 · LE CIMETIERE DE BEAUGENCY · texte numérisé non relu

LE CIMETIERE DE BEAUGENCY

— Qu'est-ce? Que vas-tu m'apprendre? dit Painpelonne à son laquais ; on est venu me demander... hein?

— M. le chevalier devine juste; depuis un moment je crois que toute la garnison lui a fait visite.

— Ah ! sandis ! je suis fâché d'être en retard... Qu'as-tu répondu?

— Jai répondu que M. le chevalier dormait.

— Imbécile! et que t'a-t-on dit?

— On s'est mis à rire.

— Qui cela ?

— Six ou huit gentilshommes fort galamment

vêtus... des catholiques, des politiques, des...

— Et qu'ont-ils fait?

— Ils m'ont prié de vous dire qu'ils vous attendraient jusqu'à dix heures du matin dans le cimetière de la ville.

— Bon!... Est-ce tout?

— L'un d'eux a ajouté, à demi-voix, que vous aviez le sommeil bien prompt, et qu'il se pourrait faire que vous l'eussiez bien long. Ceci m'a paru très-difficile à comprendre ; il est vrai que je ne suis pas fort...

— Et puis, après ?

— Après ces messieurs, il est venu un autre cavalier, qui semblait plus pressé que tous les autres de vous voir.

— Qu'as-tu répondu?

— Que M. le chevalier dormait.

— Tu veux donc me faire passer pour une taupe, coquin?

— Non, monsieur; mais sachant que vous n'avez pas fermé l'œil depuis quarante -huit heures, et souhaitant que vous prissiez un peu de repos, j'ai voulu écarter les fâcheux.

— Et qu'a fait ce nouveau cavalier?

— Il m'a ordonné de vous aller éveiller surle-champ.

— Et puis?

— Et puis, j'ai refusé.

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