CHAPITRE VI
raeux parmi les Grecs... Athanase, ajouta le chevalier s'adressant à son laquais, toi qui connais la ville, marche devant et pique droit sur le cimetière... Mon cher vicomte, par quel hasard vous trouvez-vous à Beauï^ency?
— Parce que je m'ennuyais fort en Dauphiné, et que j'ai pris congé de M. de Lesdiguières.
— Avez-vous eu la permission du roi pour faire ce voyage ?
— Eh ! morbleu ! la guerre est finie en Dauphiné, et personne, le roi lui-même, n'a le droit de me tenir les bras croisés à deux cents lieues de toute bataille. Je suis venu seul, avec mes domestiques ; j'ai su que nos Gascons étaient ici, et me voilà. J'ai appris de Rosny et de quelques autres que tu étais descendu, cette nuit, à la maison de ville , et je suis venu t'y chercher.
— Merci!... Étes-vous fatigué?
— Un peu, pour ne pas dire beaucoup.
— Tant pis !
— Hein?
— Je dis tant pis parce que j'ai grand besoin de votre épée.
— Un duel?
— Non.
— Quoi donc?
— Douze duels...
— Cette nuit?
ilO LE CHEVALIER DE PASTPELOUNE.
— A l'instant même.
Gourdon s'arrêta, serra la main de Pampelonne, et se redressant de toute sa noble taille :
— Six pour toi, six pour moi... mais j'avoue que c'est beaucoup.
— Bah ! on en revient. . . N'est-ce pas, que c'est joli?
Je n'ai pas encore d'opinion... Nous verrons après... Ah cà ! pour qui te bats-tu?
— Pour moi, pardieu !
— Oui, mais... pour quoi ?
— Je vous Tai dit : c'est un secret.
— Que le ciel te confonde, ou plutôt qu'il te bénisse !
— Merci!,.. Tenez, je veux commettre une inconséquence, il s'agit d'une affaire de cœur.
— Quoi! tu es amoureux... toi ? Pampelonne?
— N'est-ce pas que je vous afflige ?
— Non pas, tu me divertis... Ah ! te voilà pris!
— Comme un ours, hélas ! Oui, c'est drôle en effet.
— Et qui a fait ce miracle?
— Une femme.
— Belle réponse!
— Belle question '
— Et nous allons nous battre contre...
— Contre tous les mignons de Sa Majesté valoise et capucine.