‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 54 sur 175 · CHAPITRE VI. ^^i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. ^^i

— Bon!... ce sera chaud!... ces femmelettes tirent l'épée comme des Acliilles.

— Nous viserons aux talons.

— Puisque lu es amoureux, mon pauvre ami, |)arlons, sinon de tes discrètes amours, au moins des miennes. Mon cœur est plus gonflé que jamais; as-tu des nouvelles de la signora Fabiani?...

— Je vois mon laquais arrêté près de ce vieux mur... Mon cher, nous sommes au rendez-vous, nous causerons de votre belle une autre fois.

Gourdon frappa du pied avec humeur, mais il suivit sou ami et entra après lui dans le funèbre enclos , où dès leurs premiers pas nos deux Gascons furent salués fort galamment par six cavaliers.

— Nous ne sommes pas tous venus au rendezvous, dit le marquis de Lansac d'un petit air impertinent, car nous avons pensé que. si gourmand que ^ous soyez, monsieur, vous ne nous mangerez pas tous les six sans avoir une grosse indigestion.

— Vous avez eu peut-être tort, messieurs.

— Vous croyez ?

— J'en ai peur.

— Voyons cependant !

— Voyons!... C'est M. le marquis de Lansac qui passe le premier, je crois?

112 lE CHEVALIER DE PAMPELOHNE,

— Jfon Dieu! oui, et j'ai quelque idée que je serai le dernier.

— Le dernier de votre race, je n'en doute pas, si vous êtes sans enfants.

Gourdon partit d'un éclat de rire à cette riposte quePampelonne avait lancée avec la froide ironie dont il se servait si méchamment.

— Monsieur trouve le mot plaisant, à ce qu'il paraît? dit le comte de Montigny s'adressant au vicomte.

— Je le trouve agréable.

— Et monsieur est gentilhomme?

— Tout autant que le pape, s'il ne l'est davantage, répliqua encore Painpelonne.

Les catholiques se regardèrent ; l'insolence du Gascon les démontait.

— Vous vous nommez? reprit Montigny.

— Le vicomte de Gourdon...

— Ah ! ah! un nom fort connu !... Vous êtes le second de monsieur?

— 11 est mon second ou mon premier : nous avons coutume de ne faire qu'un : choisissez, dit Pampelonne.

— Alors, monsieur, j'ai l'honneur de vous saluer. Je suis le comte de Montigny.

— Un mignon fort distingué, repartit Gourdon en tirant son épée, pour imiter le comte, qui l'attendait.

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