‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 57 sur 175 · CHAPITRE Vr · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vr

— Et de quatre ! dit Gourdon en redressant son fer qui s'était plongé entre les côtes de son adversaire. Je crois que monsieur a tout juste son compte.

— Je le crois pardieu bien ! répondit Grillon en soulevant la tête de Saint-Léger ; il n'a pas cinq minutes à vivre.

— Enragé! fit Pampelonne, que je sois pendu si je vous reprends jamais pour second... Vous êtes un boucher, mon cher, rien de plus... vous manquez complètement de courtoisie... Allons, monsieur, allons ! mettez-vous en garde, vous voyez que je suis pressé l ajouta-t-il avec humeur en s'adressant à son adversaire.

— Pour peu que cela vous amuse, messieurs les mignons, dit Gourdon en souriant à l'apostrophe de son ami, la place est vacante.

Les catholiques se regardèrent avec un peu d'embarras. La haute stature du vicomte, son épée sanglante, son maintien fier sans arrogance, son œil dédaigneux et hautain, les quatre victimes de ce duel terrible, tout cela vu à la lueur rouge et fumante des torches que le vent agitait faisait tressaillir les cœurs les plus intrépides.

Le marquis de Nogaret s'avança résolument, pour remplacer Saint-Léger, et mit l'épée à la main.

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— Tout beau! messieurs, tout beau! cria le colonel, au nom du roi je vous ordonne de rengainer !

— Impossible! dit le marquis.

— Impossible ! répétèrent les catholiques.

— J'avoue que la partie est belle, reprit Grillon, si belle que, ma foi ! je regrette de n'y pouvoir prendre part ; mais les ordres du roi sont formels, et vous y obéirez, à moins que vous ne vouliez me donner le plaisir de vous charger tous à moi seul.

— Bref, que vous faut-il? demanda Pampelonne, qui venait de désarmer le bailli de Clermont.

— Il faut, chevalier, que vous alliez rejoindre sur-le-champ le quartier de MM. de Châtillon et Rosny; le roi envoie trois cents lances à la rencontre des ligueurs du côté de Chartres; Rosny a déjà fait monter tout son monde à cheval.

— Au diable le métier ! On n'a vraiment pas le temps de se reposer... Messieurs, j'espère que vous ne perdrez rien pour attendre.

— Ehî mon Dieu! dit Grillon, l'expédition achevée, vous l'aurez belle pour régler tous vos comptes, car le roi a désigné trois de ses gentilshommes pour prendre rang dans la troupe de Ghâtillon.

— Ah! ah ! voilà qui est paternel.

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