‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 58 sur 175 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

— Ainsi, Lansac, où êtes- vous?

— Mort !

— Tant pis. morbleu ! c'est une bonne lame de moins... Et Chiverny est-il mort aussi ?

— Ma foi ! je n'en vaux guère mieux, répondit le blessé d'une voix presque éteinte. C'est un fait exprès ! et si je ne meurs pas de ce coup d'épée, je mourrai de chagrin assurément.

— Le comte de Montigny, reprit Grillon, où est-il ? Je ne le vois pas...

— Mort !

— Eh ! jarnibieu ! on a donc tout tué ? s'écria le colonel en fronçant le sourcil.

— Dame ! on a tué tout ce qu'on a pu, comme vous voyez, répondit Pampelonne, et si nous avions encore un petit quart d'heure devant nous...

— Mon cher bailli, interrompit Grillon, vous étiez le troisième gentilhomme désigné par Sa Majesté pour accompagner le Béarnais : vous restez seul maintenant... allez vite rassembler votie bagage.

— Puisque nous faisons partie de la même expédition, monsieur, dit le bailli à Pampelonne, nous pouvons remettre la partie en engageant nos paroles.

— Je n'y vois pas d'inconvénient... Après avoir donné la chasse aux ligueurs, vous me

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trouverez à tout instant frais et dispos... Eh bien, Gourdonîmon cher, partons.

— Si monsieur n'est pas obligé de monter à cheval, dit liin des mignons à Gourdon, comme nous lui tiendrons compagnie à Beaugency, rien ne nous presse de sortir de ce cimetière...

— Le vicomte de Gourdon est mon ombre, ou, si vous l'aimez mieux, je suis l'ombre du vicomte. répondit Pampelonne : où il va je cours, où je vais il va. Néanmoins, croyez que nous sommes tous deux gens de revue, et qu'à la première trêve, nous viendrons vous proposer de prendre une revanche dont vous me semblez avoir un peu besoin.

— Allons, allons, pas tant de bavardage ! dit Grillon, le temps se passe.

Gourdon et Pampelonne saluèrent les catholiques, et sortirent du cimetière suivis de Grillon, du bailli et d'Athanase. qui était un laquais fort accompli.

Les deux amis passèrent à leur logis, enfourchèrent leurs chevaux et rejoignirent la troupe de Châtillon à quelques cents pas du bivac qu'elle venait de quitter. Ils se tinrent longtemps à l'arrière-garde, pour s'entretenir plus librement.

— Je vois que nous ferons ensemble le voyage de Paris, dit Gourdon.

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