SAUVE QUI PEUT
Les cavaliers de Chàtillon avaient fait halle aux environs de Meiing , et les chefs s'étaient réunis en cercle, avons-nous dit, pour délibérer sur l'ordre de marche et la direction à prendre.
Gourdon et Pampelonne se présentèrent à ce cercle composé de l'élite des lieutenants du Béarnais.
— Puisque vous voilà, vicomte, dit Chàtillon à Gourdon, je vous remets le commandement de l'expédition, et prendrai le rang que vous m'assignerez, car vous ne pouvez être ici en sousordre.
— Je ne suis que volontaire et trop heureux d'obéir au grand amiral... Si je suis ici, c'est un peu par contrebande; ainsi , délibérez sans vous soucier de moi. Je ne demande qu'à combattre à côté de mon ami Pampelonne.
— Eh bien ! chevalier, vous qui venez de parcourir la contrée, donnez le premier avis. Le roi veut que nous manœuvrions dans le pays chartrain, afin de rencontrer et de détruire un corps de cavalerie qui intercepte nos communications et pille nos convois. Quelle nouvelle avez-vous de l'ennemi?
— Aucune , dit Pampelonne , mais nous ne pouvons manquer d'en recueillir bientôt, car la plaine est semée , d'ici à Paris , de maraudeurs que le brigandage fait, je crois, sortir de dessous terre. Mon avis est donc de marcher sur Bonneval tout d'une traite. Nos cavaliers sont frais, les douze lieues qui nous séparent de ce bourg seront bientôt franchies , et je parie gros , qu'au lieu d'être surpris par les ligueurs, nous les surprendrons.
— J'approuve, dit Gourdon.
— Et vous, messieurs? demanda Chàtillon.
— Le conseil est sage , répondit le baron de Rosny.
— Nous le suivrons donc... M. le bailli de Clermont , vous êtes ici le seul représentant du