CHAPITRE VII
lou marquis Fabio-Fabiani d'bourouse mémoire.
— La Gazelle! Ah! voleur! ah! gourmand! te voilà donc enfin? Attends! attends!
L'atlaque recommença plus vive.
— Prenez garde, mon zentilhomrae, vous allez vous faire mordre , mon seval il a lou diable au corps, c'est oun enrazé, ze vous avertis... Là !... vous voyez bien qu'il mord et rue!... Ah! la vilaine bête ! et le vilain défaut !
— C'est toi qui es enragé, misérable!... Croise donc le fer, sans-cœur! hurla Pampelonne qui parvint à grand'peine , et à coups de pommeau d'épée , à faire lâcher prise au cheval de la Gazelle qui l'avait saisi par une jambe.
La Gazette piqua des deux et s'enfonça au fort de la mêlée , sans toutefois changer de lactique. Son cheval seul combattait pour lui, et si vaillamment, qu'il se faisait partout faire place.
— Ah ! sainte Vierge ! avait murmuré le Normand en s'éloignant , si je ne m'étais pas sottement engagé envers la marquise , j'aurais déjà rendu à ce petit Gascon son coup d'épée de Venise, et avec usure !...
— Lâche ! s'était écrié Pampelonne.
Et il s'était mis à la poursuite de la Gazette. En ce moment le combat était si serré, si opiniâtre, que tous les rangs étaient pêle-mêle. 3. tô
142 I-E CHEVALIER DE PAMPELONNE.
Les royalistes avaient essuyé des pertes eonsidérables, Uosny était démonté, Chàtillon était blessé ; le nombre allait l'emporter sur le courage et l'opiniâtreté. Gourdon, Pampelonne et le bailli de Clermont ramenèrent cinq fois de suite à la charge leur escadron.
Gourdon était couvert de sang et de poussière ; il fut rejoint par Pampelonne qui lui dit :
— Vicomte , vous voyez là-bas ce panache rouge, ce cheval noir, ce singulier cavalier qui ne porte pas un coup et les pare tous.
— Oui.
— Eh bien ! mon ami, c'est le Normand, c'est le la Gazette en (juestion.
— Vrai?
— Vrai... Il faut le désarmer... ne le tuons pas; sa rançon sera payée dix millions au roi.
— Suis-moi donc.
— Messieurs, pas d'imprudence ! cria le bailli, songez à moi.
— Allez au diable! répliqua Pampelonne; vous êtes, mon cher, par trop monotone.
Le bailli n'eut pas le loisir de répondre à cette boutade, car il fut attaqué par le comte de Saveuse, son ennemi personnel. L'armure du comte était criblée de coups, brisée en plusieurs endroits , bosselée presque partout , mais sa témérité aveugle le poussait aux luttes les plus