‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 77 sur 175 · CHAPITRE vnr · texte numérisé non relu

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laquelle l'urbanité un peu railleuse du bailli rivalisa de bons mots avec la prétentieuse importance de la Gazette, le Normand, comme le jour baissait, conduisit son bote dans un salon d'été où Ton ne tarda pas à leur servir, aux flambeaux, un excellent souper.

— Eh! mais, baron, dit le prisonnier en jetant un coup d'oeil à la richesse du couvert et aux livrées des quatre laquais , la terre de Dourdan ne rapporte pas le quart de ce que vous devez dépenser pour soutenir ce beau train de maison; vous êtes donc bien riche?

— Je ne suis pas précisément pauvre.

— Ma rançon ne serait, pour vous, qu'une goutte d'eau dans la mer... Je ne vois pas, véritablement , pourquoi vous ne me rendriez pas mon épée gratis.

— Mon Dieu ! ce que j'en fais, c'est par principes... il ne faut pas gâter le métier.

— Il y a moyen de tout concilier... veuillez uje prêter quelque attention.

— J'écoute.

— Vous vous trouvez très-bien dans ce château, n'est-ce pas?

— On ne peut mieux, j'y ai tout à souhait.

— Et vous ne vous souciez pas, je pense, de vous le voir confisquer comme à moi ?

— Je n'en ai pas la moindre fantaisie.

— Or, qui pourrait vous prendre cette belle terre ?

— Le diable seul.

— Hum!... et le roi?

— Quel roi ?

— Le Valois,

— Le diable et le Valois ne font qu'un.

— Soit ! Le roi à Paris, je crois que je serai ici. moi, et que vous...

— Ne parlons donc pas de vous, bailli, demain, à l'heure qu'il est, vous serez brûlé.

— D'accord... mais j'ai des héritiers.

— Vous avez des héritiers ?

— J'en ai à foison, et le roi, Satan ou le Valois, comme il vous plaira d'appeler Sa Majesté, restituera mon bien à ma famille.

— Ah! ah! et alors, vous dites?

— Je dis qu'au lieu de me conduire au prévôt de la Ligue, vous devriez me renvoyer, sain et sauf, à l'armée royale; je dis qu'en échange de cette générosité, je vous ferai, par écrit, l'abandon de ce domaine; suis-je compris?

— Vous parlez d'or, mon cher bailli. J'accepte. Bâclons tout de suite cette affaire... holà ! M. l'intendant, apportez-nous votre écritoire.

Le bailli écrivit et signa sa renonciation à la terre de Dourdan, en faveur du baron la Gazette.

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